L'un des Objectifs du millénaire consistant à réduire de moitié la proportion de personnes sous-alimentées dans les pays en développement d'ici à 2015 est « à portée de main », selon un rapport des agences de l'Onu. Néanmoins, quelque 805 millions de personnes dans le monde, soit un être humain sur neuf, souffrent encore de la faim.
QUELQUE 11,3 % de la population mondiale, soit 805 millions de personnes, souffrent aujourd'hui de la faim (13,5 % dans les pays en développement), contre 18,7 % (1,014 milliard) il y a vingt ans (23,4 % dans les pays en développement), selon l' « État de l'insécurité alimentaire dans le monde » publié le 16 septembre à Rome par l'Organisation de l'Onu pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (Fida) et le Programme alimentaire mondial (Pam).
La tendance générale au recul de la faim signifie que l'un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par l'Onu en 2000 et consistant à réduire de moitié la proportion de personnes sous-alimentées dans les pays en développement d'ici à 2015 est « à portée de main », à condition que les efforts appropriés et immédiats soient intensifiés, souligne le rapport.
Plusieurs régions à la traîne
Sur les 63 pays ayant atteint l'OMD, 25 ont également atteint l'objectif plus ambitieux du Sommet de l'alimentation de 1996 consistant à réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, également d'ici à 2015. Toutefois, le rapport indique qu'il est désormais trop tard pour atteindre ce deuxième objectif au niveau mondial.
Plusieurs régions et sous-régions restent à la traîne. En Afrique subsaharienne, plus d'une personne sur quatre souffre chroniquement de la faim, alors qu'en Asie, région la plus peuplée du monde, se concentrent la majorité des personnes sous-alimentées (526 millions).
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L'Amérique latine et les Caraïbes ont réalisé les plus grands progrès en matière de sécurité alimentaire. Mais, en Océanie, le nombre absolu de personnes sous-alimentées a augmenté depuis 1990-1992, et cette région n'a enregistré qu'une amélioration modeste : 1,7 % de baisse de la prévalence de la sous-alimentation, qui atteignait encore 14 % en 2012-2014.
Le rapport de la FAO, du Fida et du Pam souligne que l'éradication de la faim exige des investissements publics et privés pour accroître la productivité agricole, l'accès à la terre, aux services, aux technologies et aux marchés, ainsi que des mesures visant à promouvoir le développement rural et la protection sociale pour les plus vulnérables, notamment en renforçant leur résilience face aux conflits et aux catastrophes naturelles.
P OUR atteindre la « faim zéro », le plus grand défi consiste à faire face « aux conflits qui se transforment en crises alimentaires, comme c'est le cas en Irak, en Syrie, en Soudan du Sud et en Centrafrique (1) », a averti la directrice générale du Programme alimentaire mondial (Pam), Ertharin Cousin, lors de la présentation à la presse du rapport sur l' « État de l'insécurité alimentaire dans le monde », le 16 avril à Rome. Ainsi, en Irak, les jihadistes de l'Etat islamique (EI) « contrôlent deux des plus gros centres de distribution de blé », a-t-elle précisé. Par ailleurs, « l'urgence sanitaire due au virus Ebola, qui affecte la Guinée, le Nigeria et le Sierra Leone », est en train de se transformer aussi en crise alimentaire touchant 1,3 million de personnes. Les personnes malades ou mises en quarantaine ne sont pas en train de récolter leurs champs et, a prévenu la directrice générale du Pam, « l'impact de cette absence de récolte sera considérable » (2).
(1) Voir n° 3449 du 26/05/14
(2) Voir n° 3461 du 08/09/14