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Union européenne L’objectif territorial de la Pac en débat à Bruxelles

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Meilleure coordination entre la politique de développement rural et les Fonds structurels de l’UE, simplification des règles, nécessité d’attirer et donner confiance aux jeunes : tels sont les principaux points évoqués par les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept lors de leur dernier tour de table, le 21 février à Bruxelles, sur la communication de la Commission européenne consacrée à l’avenir de la Pac. Le projet de la présidence hongroise de l’Union est maintenant de faire adopter le mois prochain par le Conseil des conclusions sur l’ensemble des orientations retenues par la Commission dans son document de novembre 2010.

Le dernier échange de vues des ministres de l’agriculture sur la Pac à l’horizon 2020 était consacré à l’équilibre territorial, l’un des objectifs fixés par la Commission de Bruxelles. De nombreux Etats membres, dont l'Espagne, la Belgique, la Suède et la Finlande, ont souligné la nécessité de coordonner les actions du Fonds européen de développement rural (Feader) et celles des Fonds structurels de l’UE. Un souci partagé par le commissaire européen Dacian Ciolos. Pour plusieurs d’entre eux, la simplification des règles actuelles doit être aussi une priorité de la prochaine réforme de la Pac. A ce propos, l’Italie et la Pologne se sont déclarées préoccupées par la complexité du modèle de verdissement de la Pac, par le biais du premier et deuxième pilier, que préconise la Commission.

Convaincre les jeunes agriculteurs
La plupart des Etats membres ont aussi souhaité que la prochaine réforme soit favorable à l’installation des jeunes agriculteurs. Toutefois, si plusieurs d’entre eux, comme la Belgique, ont estimé qu’il fallait, dans cette optique, offrir visibilité des aides à terme et infrastructures, les Pays-Bas et autres « libéraux » ont affirmé que c’est essentiellement la compétitivité et l’innovation qui attireront les jeunes sur les terres.
L’importance des circuits courts et marchés locaux a par ailleurs été notée, entre autres, par la République tchèque, l'Italie et la Belgique. Quelques Etats membres, dont la France, la Belgique et la Bulgarie, ont aussi marqué leur attachement au programme Leader. Enfin, les pays concernés (France, Espagne et Portugal) ont demandé que l’agriculture des régions ultrapériphériques ne soit pas oubliée.

Petites exploitations
Au cours du débat, M. Ciolos a fait valoir que, pour promouvoir un développement territorial équilibré, les deux piliers de Pac devront : soutenir l’activité agricole, moteur économique de plusieurs régions de l’UE ; inciter les exploitants à fournir des biens publics, et les rémunérer pour cela ; favoriser la diversification dans les zones rurales ; promouvoir la valeur ajoutée, notamment le développement des filières courtes, ventes directes et marchés locaux ; inciter à l’innovation technique, mais aussi sociale (nouvelles formes de coopération, approche Leader renouvelée, etc.).
Le commissaire européen a également souligné le rôle important des petites exploitations, dont la compétitivité n’est pas, selon lui, nécessairement liée à l’augmentation de la taille. Certains Etats membres, telles la France et la Suède, ont estimé que, en la matière, le soutien devait venir du deuxième pilier, l’Italie jugeant en revanche que cela ressortait du premier pilier.
Quant au Danemark, il a considéré que les petites exploitations ne devaient pas s’habituer aux aides, mais plutôt s’adapter au marché.

(1) Voir n° 3287 du 07/02/11

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