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PRÉVISIONS/PRODUITS LAITIERS L'Observatoire du marché du lait plutôt optimiste pour 2014/2015

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Le Conseil économique de l'Observatoire du marché du lait, mis en place par la Commission à l'approche de l'abolition du système des quotas laitiers en 2015, tenait sa première réunion ordinaire le 27 mai à Bruxelles. L'occasion d'échanger avec les experts d'organisations représentant la chaîne d'approvisionnement du secteur laitier européen et de faire le point sur les prévisions du marché à court et moyen terme. Une fois validées, celles-ci seront publiées sous forme d'un rapport officiel fin juin.

LES dernières données du marché laitier européen et l'évaluation de la situation à court et à moyen terme ont été au centre des débats du Conseil économique de l'Observatoire du marché du lait (MMO) qui a tenu sa première réunion ordinaire le 27 mai à Bruxelles. Elles semblent présager des développements positifs pour les années 2014 et 2015. À l'approche de l'abolition du système des quotas laitiers le 1er avril 2015, l'objectif du MMO – récemment mis en place par la Commission – vise à accroître la transparence et la fourniture de données de marché plus précises et plus fiables, de sorte que les opérateurs du secteur soient en mesure de prendre des décisions d'affaires éclairées et qu'ils puissent s'adapter au nouvel environnement, après 30 ans de régime de quotas.

UN RAPPORT OFFICIEL À LA FIN DU MOIS DE JUIN

Présidée par la Commission européenne, la première réunion de l'Observatoire du marché du lait (MMO) a permis aux experts d'organisations représentant la chaîne d'approvisionnement du secteur laitier européen (1) de s'informer sur la situation à court et à moyen terme du marché européen. Ces derniers ont été invités à cette occasion à faire les commentaires et les observations qu'ils ont jugés utiles. Producteurs, transformateurs, négociants et distributeurs ont chacun, bien sûr, donné leur propre vision de la situation des marchés dans lesquels ils opèrent. Le représentant de la Commission européenne a posé un certain nombre de questions aux différents participants. Il a par exemple cherché à savoir comment les parties intéressées appréhendent l'abolition des quotas laitiers après mars 2015 ou encore quelles explications ils donnent à la récente chute de la consommation de produits laitiers frais sur le marché européen. Le but de l'exercice étant de développer un dialogue constructif avec les parties prenantes, afin de collecter le maximum d'informations utiles venant du terrain et de contribuer au bon fonctionnement des marchés laitiers en fournissant des données qui permettent aux opérateurs d'évaluer les conditions régnant sur le marché et de formuler un avis éclairé des tendances du marché sur le très proche avenir. Ces échanges devant permettre aux opérateurs d'adapter leurs intentions de production et de transformation pour faire face aux fluctuations du marché laitier. Une fois réunies et commentées, les prévisions de marché à court et à moyen terme de la Commission devront au bout du compte être validées sous la forme d'un rapport officiel de la Commission qui sera publié à la fin de ce mois de juin 2014.

LES PRIX DU LAIT ET DES PRODUITS LAITIERS DEVRAIENT RESTER ÉLEVÉS EN 2014

Le rapport de la Commission sur la situation à court terme du marché laitier note que, malgré la forte reprise de la collecte de lait de l'UE au second semestre de 2013, les prix du lait ont atteint un niveau record de 40,4 euros/100 kg en décembre 2013, soit 18 % au-dessus du niveau de décembre 2012. Idem pour les produits laitiers qui ont considérablement augmenté en 2013 avec des prix pour les poudres de lait et pour le beurre qui ont grimpé d'environ 30 % par rapport à 2012. L'augmentation des prix des fromages ont augmenté en moyenne de 8 % à 12 % par rapport à 2012 notamment pour le cheddar, l'edam et le gouda. Les prix de l'emmental n'ont augmenté que de 4 %. Au cours de deux premiers mois de 2014, ces prix sont encore restés très fermes et seuls les prix du beurre ont commencé à diminuer à partir de leurs niveaux très élevés. Le rapport de la Commission observe aussi que les prix du lait et des produits laitiers au sein de l'UE et au niveau mondial restent fermes en dépit une forte production de lait dans les principales régions productrices laitière mondiale : États-Unis (+ 0,9% en janvier 2014 par rapport à 2013), Nouvelle-Zélande (+ 4,6 % en décembre 2013 par rapport à 2012). Ces résultats mettent en évidence que la demande reste forte en particulier en provenance de Chine, où la production nationale de lait a diminué de 5,7 % en 2013 (selon le bureau des statistiques chinois). En conséquence, souligne le rapport, les prix devraient rester fermes tout au long de l'année 2014.

MAINTIEN D'UN HAUT NIVEAU DE PRODUCTION DE LAIT EN 2014/2015

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Selon le rapport de la Commission, en 2014/2015, pour la dernière année du régime de quotas, les États membres producteurs, qui sont déjà au niveau de leur quota en 2013/14, devraient maintenir un fort niveau de production à condition que les prix du lait restent élevés et que les prix des aliments demeurent à leurs niveaux actuels. La production en France et au Royaume-Uni pourrait augmenter considérablement, car ces deux pays ont sous-utilisé leur quota. Par voie de conséquence, les livraisons de lait pourraient encore augmenter de 1,8 % en 2014. En revanche, les auteurs du rapport indiquent qu'ils ne s'attendent pas à une progression spectaculaire des livraisons en 2015 après que le système de quota aura été aboli parce que la croissance importante attendue a déjà eu lieu et que le prix du lait pourrait ne pas rester aussi élevé qu'en 2013 et 2014.

PLUS DE BEURRE FONDU EN 2014/2015

Le rapport observe par ailleurs qu'en dépit des prix élevés et des restrictions russes sur les fromages d'origine allemande, les exportations européennes ont augmenté de 2,6 % en 2013, y compris vers la Russie (+ 4,6 %). La baisse des exportations allemandes vers la Russie ayant été compensée par la hausse des expéditions provenant principalement des Pays-Bas (+ 57 %) et de la Pologne (+37 %). En outre, les exportations de fromage fondu sont nettement supérieures en 2013 de 1,2 % et 1,7% respectivement entraînées par les exportations et par la demande intérieure. En 2013, la production de beurre a légèrement augmenté (+ 1 %). Un autre développement remarquable attendu en 2014 et 2015 : la production de beurre fondu devrait augmenter en rapport avec la hausse de la production de lait.

PLUS DE LAIT ÉCRÉMÉ EN POUDRE EN 2014

Selon les auteurs du rapport, la reprise de la production de lait écrémé en poudre – qui a commencé en octobre 2013 – devrait se poursuivre en 2014 et devrait augmenter de 7 %. Une nouvelle augmentation de plus de 8 % pourrait avoir lieu en 2015. Concernant le lait entier en poudre, la production pourrait diminuer légèrement en 2014 après la forte augmentation en 2013, puis demeurer stable. La faible disponibilité de lait dans la première moitié de 2013 et la forte demande pour les poudres de lait dans la seconde moitié de l'année a entraîné une diminution dans les produits laitiers frais (-0,8 %). La baisse a été particulièrement forte pour la crème (-1,5 %) et les yaourts (-1,4%). En 2014, un petit rebond devrait avoir lieu (+ 0,3 %), tiré par une production de crème plus élevée.

(1) European Dairy Association, Copa, Cogeca, European Milk Board, Eurocommerce, Centre européen des jeunes agriculteurs, Eucolait et Coordination européenne Via Campesina.