Dans un rapport publié le 29 avril et intitulé « Covid-19 et le secteur de l’alimentation et de l’agriculture : Enjeux et réponses politiques », l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) propose aux autorités gouvernementales de suivre un ensemble de mesures à la fois pour répondre efficacement aux enjeux posés par l’épidémie de coronavirus mais aussi pour créer sur la durée des chaînes d’approvisionnement solides et flexibles, essentielles pour un fonctionnement optimal du système alimentaire.
Dans un rapport publié le 29 avril et intitulé « Covid-19 et le secteur de l’alimentation et de l’agriculture : Enjeux et réponses politiques », l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) propose aux autorités gouvernementales de suivre un ensemble de mesures à la fois pour répondre efficacement aux enjeux posés par l’épidémie de coronavirus mais aussi pour créer sur la durée des chaînes d’approvisionnement solides et flexibles, essentielles pour un fonctionnement optimal du système alimentaire.
Pour atténuer les effets de la pandémie de coronavirus sur le système alimentaire et créer des chaînes d’approvisionnement alimentaires solides et flexibles, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) donne dans le cadre d’un rapport publié le 29 avril, et intitulé « Covid-19 et le secteur de l’alimentation et de l’agriculture : Enjeux et réponses politiques », un aperçu de certaines mesures que les divers États pourraient mettre en place.
Se basant sur l’expérience des crises passées, notamment de la crise des prix alimentaires de 2007-2008, l’OCDE recommande dans un premier temps aux autorités politiques d’assurer la transparence du marché par la fourniture d’informations de marché en temps utile, tout en évitant les restrictions commerciales. L’institution internationale précise qu’il est donc important de maintenir les marchés nationaux, régionaux et internationaux ouverts. Cela est particulièrement important dans le cas des pays importateurs nets de denrées alimentaires. Elle poursuit en proposant de veiller à ce que les mesures sanitaires et phytosanitaires mises en œuvre en réponse au risque de Covid-19 soient à la fois fondées sur la science, transparentes, non discriminatoires et ne perturbent pas inutilement les échanges commerciaux ou n’augmentent pas les coûts commerciaux. Le partage des meilleures pratiques et, mieux encore, l’harmonisation des mesures entre les pays permettraient ainsi d’en réduire les coûts, précise le rapport.
L’OCDE recommande également aux gouvernements de prendre au sérieux le problème lié aux contraintes de travail dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. À cette fin, l’organisation internationale propose un assouplissement des exigences réglementaires (non liées à la santé et à la sécurité) pour que les agriculteurs puissent accéder à la main-d’œuvre saisonnière par le biais de programmes de migration, ou encore de rechercher les possibilités de faciliter l’accès des agriculteurs à une main-d’œuvre alternative, notamment en attirant des travailleurs licenciés dans d’autres secteurs. Il faudra aussi garantir la santé et la sécurité des travailleurs, ajoute le rapport. Concernant la santé et la sécurité alimentaire, l’OCDE recommande à la fois de mettre en place des dispositifs de biosécurité et d’appliquer des réglementations strictes concernant le bien-être animal. Au niveau logistique, le rapport explique qu’il faudra aussi faciliter la circulation des produits alimentaires. Les outils numériques seraient un moyen idéal, notamment pour faciliter les procédures aux frontières, par exemple en permettant la copie électronique des certificats sanitaires et phytosanitaires. La collaboration avec le secteur privé permettrait aussi de trouver des canaux d’approvisionnement alternatifs afin de gérer les excédents potentiels qui ont résulté de la fermeture de restaurants, d’écoles, d’hôtels et d’entreprises de restauration. Aussi, l’OCDE propose aux États d’autoriser une certaine souplesse concernant les exigences réglementaires. Par exemple, les exigences en matière d’emballage et d’étiquetage afin de faciliter la circulation des produits alimentaires vers d’autres points de vente.
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Pour répondre au mieux aux tensions liées à l’aggravation de l’insécurité alimentaire mondiale, l’organisation internationale propose aussi aux divers gouvernements d’allouer une aide alimentaire d’urgence ou des transferts ciblés, de poursuivre le développement des systèmes de protection sociale ou encore d’explorer des solutions qui s’inscrivent dans un cadre de la coopération multilatérale afin de répondre aux besoins des pays les plus pauvres.
Résilience et durabilité du système alimentaire mondial
Au regard des conséquences de la pandémie Covid-19 sur le système alimentaire mondial, l’OCDE apporte également des pistes de réflexion afin d’accroître la préparation aux risques systémiques et d’identifier les possibilités de renforcer les réseaux entre les parties prenantes publiques et privées pour mener efficacement les investissements nécessaires. À cette fin, l’OCDE propose d’accélérer les investissements et les réformes qui renforceraient encore la résilience du système alimentaire face à toute une série de risques. Et précise que cela pourrait se matérialiser via des investissements dans des systèmes de données à l’échelle locale, nationale et mondiale, ou encore dans les dispositifs de biosécurité. Le renforcement des stratégies de communication des gouvernements pourrait aussi permettre d’améliorer la confiance des consommateurs dans la sécurité et la fiabilité du système agroalimentaire, poursuit le rapport. Par ailleurs, l’OCDE souligne aussi que les mesures de soutien destinées à apporter une aide temporaire aux agriculteurs et aux autres acteurs du système alimentaire se doivent d’être cohérentes avec les politiques socio-économiques générales. L’institution internationale soumet l’idée aux gouvernements d’envisager des possibilités plus larges de réaffectation de l’aide agricole de manière à fournir des biens publics clairs, notamment sous la forme d’une atténuation du changement climatique et d’une amélioration des résultats environnementaux. En outre, l’OCDE recommande aux pouvoirs publics à la fois de s’appuyer sur les mesures positives de facilitation des échanges qui ont été prises pour réduire les distorsions à la frontière, et de poursuivre leurs efforts visant à mettre en place et à maintenir des mécanismes garantissant la transparence et le dialogue politique sur les systèmes alimentaires.
Selon l’OCDE, l’adoption et la coordination de l’ensemble de ces mesures peut ainsi contribuer à assurer la résilience du système alimentaire mondial, en fournissant des aliments sûrs et abordables et des moyens de subsistance aux nombreuses personnes impliquées dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, tout en assurant la durabilité environnementale.