C’est sans suspense aucun que Vladimir Poutine est reconduit à la présidence de la Fédération de Russie après les élections de dimanche 18 mars. Il ne s’est même pas donné la peine de faire campagne. Pourtant, les résultats économiques ne sont pas brillants. Depuis 2013, la croissance économique a fortement ralenti, pour atteindre +1,5 % en 2017 après deux années de récession. Le niveau de vie a diminué et les inégalités demeurent criantes : 10 % des Russes possèdent 77 % de la richesse. L’économie du pays est toujours très dépendante des hydrocarbures et souffre de corruption. Mais il est un secteur qui n’est pas en crise : c’est celui de l’agriculture, au point que Vladimir Poutine l’a qualifiée de « locomotive » de l’économie russe, dans un discours devant des agriculteurs à Krasnodar (Sud). Sur le marché des grains, la Russie est en train de laminer la filière française. La zone Mer Noire bénéficie d’un climat apaisé depuis quatre ans, alors que l’Europe de l’Ouest pâtit au contraire d’aléas climatiques. Ainsi la production de blé russe a doublé depuis 2000 et a dépassé celle des Etats-Unis ! Quant à l’élevage hors sol, les investissements explosent dans des bâtiments gigantesques qui poussent comme des champignons. Alors que la Russie était très dépendante des importations pour ses besoins alimentaires, elle est désormais autosuffisante. La production de fromages et de légumes a augmenté de 20 % en quatre ans. Et les autorités russes se réjouissent du prolongement de l’embargo de l’UE, suite à l’annexion de la Crimée en 2014. Cet embargo se révèle être un terrible boomerang pour l’agriculture française. Et désormais, même si l’embargo était levé, les marchés sont bel et bien perdus pour la France.
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