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CONJONCTURE/OEUF L'œuf français, toujours fragile, consolide son excédent commercial

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Redevenue premier producteur européen d'œufs en 2013, la France consolide en 2014 son excédent commercial, notamment au détriment de son principal fournisseur, l'Espagne, dont les envois ont baissé d'un tiers vers l'hexagone.

Avec une production de 14,8 milliards d'œufs en 2014 (stable par rapport à 2013), la France a confirmé sa position de leader de la production en Europe, devant l'Allemagne (13,1 milliards d'œufs, +1,6%) et l'Italie (11,1 milliards d'œufs, +3,1%), a annoncé l'interprofession de l'œuf (CNPO) lors d'une conférence de presse le 20 mai. A noter, en Espagne, la production, à 11 milliards d'œufs, a chuté de 7,3 %. Malgré le niveau très élevé de la production, en France la filière s'estime stabilisée, après une période de mise aux normes mouvementée. La filière a néanmoins continué de souffrir en 2014, et connu un léger repli de la production en fin d'année. « La situation devenait compliquée. Au mois de novembre, cela faisait 22 mois que les prix de vente étaient inférieurs aux coûts de production, il a fallu réduire la voilure », retrace Cécile Riffart, déléguée générale du CNPO. « Seule la branche œufs obère en 2014 la profitabilité du pôle animal dans un contexte de surproduction en France, précisait d'ailleurs Avril dans un communiqué le 22 mai. L'acquisition de Matines et le plan de relance engagé par Avril ont pour but de redynamiser la filière française de l'œuf. » Le groupe, très présent sur l'œuf standard souffre de la mauvaise dynamique, tant en volumes qu'en valeur, de ce segment de marché (voir illustration).

PLUSIEURS SIGNAUX AU VERT EN FIN D'ANNÉE, DONT LES EXPORTATIONS

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La baisse de l'aliment et le repli de la production, en fin d'année, ont toutefois permis aux opérateurs de retrouver du souffle. Ajoutons à cela qu'ils ont saisi, depuis mi-2014, des marchés à l'export, en Europe, sur les œufs coquille notamment, grâce aux prix bas et aux épisodes d'influenza aviaire aux Pays-Bas, au Royaume-uni et en Allemagne. Résultat : les exportations françaises d'œufs coquille et d'ovoproduits ont progressé en volume et en valeur tandis que les importations ont diminué, conduisant à une forte progression de l'excédent commercial (40,4 millions d'euros, contre 24 millions d'euros en 2013). Les exportations d'œufs coquilles ont particulièrement augmenté, passant de 147 Teoc (1) en 2013 à 686 Teoc en 2014, mais leur niveau reste faible par rapport aux exportations d'ovoproduits, à 86 339 teoc (+ 1,4 % en 2014). À noter, le solde commercial sur les œufs coquille est devenu excédentaire (8,3 millions d'euros) en 2014 et celui des ovoproduits l'est resté (32,1 millions d'euros).

(1) tonne équivalent œuf coquille