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Œufs/Conjoncture L’œuf profite d’un marché équilibré

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Quelques jours avant la tenue, du 11 au 13 avril, à Paris, d’une conférence du Comité international pour les œufs (IEC), le Comité national pour la promotion de l’œuf (1) a fait un point sur l’état de la filière. Longtemps en crise, elle a, selon le CNPO, retrouvé des couleurs. Avec 13,8 milliards d’œufs produits en 2009, la France occupe le premier rang européen. La filière génère 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

Après un pic de production dans les années 2000 (16 milliards d’œufs), la France a vu sa production diminuer. Mais elle reste, avec 13,8 milliards d’œufs produits en 2009 (14,1 milliards en 2008), le premier pays producteur européen. Il faut dire que les Français comptent parmi les plus gros consommateurs en Europe, avec près de 250 œufs consommés par an et par habitant, loin toutefois derrière les Danois (300 œufs par an et par habitant). « En 2003-2004, les cours étaient très bas. Il faut que l’offre reste raisonnable et colle à la demande. Les crises peuvent venir de situations de surproduction dans d’autres pays européens », explique Francis Damay, président du CNPO.

Etat du marché
Selon l’interprofession, en France la consommation d’œufs a augmenté de moins de 1 % en 2009. Un chiffre qui reflète une réalité contrastée. Selon Véronique Gonnier, secrétaire générale du CNPO, la demande de la RHD et de l’industrie est restée stable. En revanche, la consommation en GMS a progressé de 6 %. « Les œufs apportent des protéines et ils sont peu coûteux. Les consommateurs font confiance à l’œuf, que l’on a réussi à débarrasser de son aspect cholestérol », estime Francis Damay. Cette tendance à la hausse est confirmée par une progression de 4 % sur le premier trimestre 2010. « Les années à venir seront saines et bonnes. On pense profiter d’un développement de la demande. » La production française d’œufs suffit à la consommation nationale, ce qui n’exclut pas pour autant des échanges internationaux, notamment pour les ovoproduits.
Au niveau mondial, la production est orientée à la hausse. Si elle est restée stable en Europe (100 milliards d’œufs) entre 1998 et 2008, elle a crû de 2,6 % par an en Chine, leader mondial avec 370 milliards d’œufs en 2008 (source Itavi d’après FAO et Commission). Le chiffre d’affaires mondial de la filière est estimé à 60 milliards d’euros par an, selon Julian Madeley, directeur de l’IEC.

La filière œuf en France
En France, la filière œuf compte 2 100 élevages, souvent familiaux, 500 entreprises d’emballage, 60 spécialistes des ovoproduits. Le tout représentant 10 000 emplois directs et indirects. Les éleveurs font face à une échéance réglementaire proche, avec les normes de bien-être qui entreront en vigueur le 1er janvier 2012 et qui signent la fin de la cage conventionnelle (voir "Redéploiement de la production suite à la crise aviaire et à la mise aux normes").
Le chiffre d’affaires de la filière œuf en France est estimé à 1,1 milliard d’euros. 51 % des œufs sont utilisés par la RHD ou l’industrie, sous forme d’œufs en coquille (20 %) ou d’ovoproduits (31 %). 40 % des œufs sont consommés à domicile et 9 % sur l’exploitation.
Le marché des œufs en coquille en GMS, avec 4 milliards d’unités, a généré un chiffre d’affaires de plus de 700 millions d’euros en 2009, en progression de 5,8 % par rapport à 2008. L’œuf standard (69 % de part de marché en volume) a progressé de 2,5 %. Les œufs alternatifs (plein air, label rouge, bio, poule au sol), connaissent une très forte croissance, comprise entre 7,2 % et 17 % pour les œufs bio (7 % de part de marché en volume).

(1) Le CNPO est l’interprofession de l’œuf. Il rassemble tous les acteurs de la filière : accouveurs, éleveurs, abatteurs, nutrition animale, conditionnement, casserie, transformateurs, soit neuf organisations professionnelles.

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