Abonné

Loi EGAlim : la FC2A inquiète de la compétitivité des entreprises

- - 4 min

La Fédération du commerce agricole et agroalimentaire (FC2A) s’est inquiétée le 30 novembre de la compétitivité du secteur avec la loi Egalim. D’autant plus que les céréaliers voient certains coûts logistiques augmenter.

« La récente loi Alimentation a fait la part belle à une vision étriquée de l’agriculture », a déclaré lors de son colloque le président de FC2A Frédéric Carré, frappé par l’« absence » de la compétitivité dans les débats. Et d’affirmer : « On perd de la compétitivité, tous les ans, […] surtout par rapport à nos voisins européens. » Exemple avec la RPD (Redevance pour pollutions diffuses) qui génère chez les producteurs de pomme de terre une distorsion de 150 à 200 €/ha vis-à-vis des Belges, selon lui. « L’export a été oublié », a-t-il poursuivi, affirmant que « sans l’export, notre marché national sera fragilisé et en proie à l’import massif ». Et d’illustrer la problématique avec le secteur des fruits et légumes, qui en une trentaine d’années est passé de l’autosuffisance à 30-40 % de produits importés, d’après ses chiffres.

Un volet particulier de la loi Egalim va se traduire par une augmentation des charges, craint la FC2A ; il s’agit des mesures sur les phytos visant la séparation vente/conseil, l’interdiction des remises, rabais, ristournes, l’augmentation de la RPD. Cela occasionnera des coûts qui seront répercutés sur les producteurs, a prévenu Frédéric Carré.

L’importance de l’export

La question de l’export, intimement liée à celle de la compétitivité, a fait l’objet d’une table ronde lors du colloque le 30 novembre à Paris. « Peut-on snober le marché mondial ? », tel en était le thème. « Non ! », a répondu l’économiste Philippe Chalmin, soulignant l’importance des exportations pour les grandes cultures, en termes de balance commerciale, de géopolitique. « L’export est le socle de l’économie de la ferme céréalière française, a appuyé Jean-François Lépy, directeur de Soufflet Négoce. Si on n’est pas compétitif à l’export, ce socle commence à se fissurer. » Il s’agit de pouvoir affronter la concurrence comme celle de l’Ukraine, dont le coût de production est inférieur de 50 euros la tonne de blé, selon Jean-Paul Kihm, agriculteur en Ukraine en plus de sa ferme en France. « Ma ferme en Haute-Marne a du mal à équilibrer ses comptes », a-t-il indiqué. Au contraire, l’exploitant « vit très bien » en Ukraine. Pour garder une place sur marché mondial, le blé français doit « marketer », « diversifier son offre », d’après lui.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

pomme de terre
Suivi
Suivre

Tensions sur le fret

« Il sera compliqué d’aller chercher de la compétitivité » sur le plan logistique, a reconnu Jean-François Lépy, notant le bon niveau de performance atteint côté « Fobing » (de l’anglais « Free on board », soit Franco de port). Dans les transports par chemins de fer, canaux, les coûts ont tendance à grimper, selon lui. Le rail souffre d’un manque d’entretien. Même problème pour les écluses, qui sont « vieilles ». Les conditions de marché sont par ailleurs défavorables à cause des travaux du Grand Paris, a-t-il signalé. Résultat, « le transport de céréales sur l’axe Seine a pris en moyenne 20 % ». La route connaît pour sa part des tensions avec un manque de chauffeurs, les prix du carburant à la hausse, selon lui.

« Le transport de céréales sur l’axe Seine a pris en moyenne 20 % »