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Loïc Couilloud, DG de Routin : « Le label PME + est un point de différenciation vis-à-vis de la concurrence »

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Pourquoi Routin s’est-il engagé dans une démarche RSE débouchant sur l’obtention du label PME + ?

L’idée est venue en 2014 lorsque nous nous sommes dotés d’un outil de méthanisation qui nous permet de traiter environ 80 % de la charge organique de l’usine. Cette démarche correspondait à notre volonté de préserver notre environnement alpin exceptionnel et très précieux, notamment la ressource en eau qui est l’un de nos principaux ingrédients. Les sirops Routin sont en effet connus pour être élaborés à partir d’eau des Alpes.

Comment s’est organisé le processus de labellisation en interne ?

Nous avons mis en place, à côté du comité de direction, un comité RSE chargé de piloter l’obtention du label PME + qui nous a été remise officiellement fin janvier à l’occasion du Sirha. Des salariés des services achat, qualité et commercial y ont participé pendant 12 mois. Cela a fédéré les équipes et permis de bien identifier ce que nous faisions déjà en termes de RSE et ce que nous pouvons encore améliorer.

Quels sont les bénéfices de l’obtention du label pour Routin ?

Outre l’effet positif chez les collaborateurs, le label est aussi un point de différenciation vis-à-vis de la concurrence. Le label formalise de manière visible la démarche RSE de l’entreprise. Et c’est toujours un plus vis-à-vis de nos clients distributeurs que cela soit sous marques de distribution comme sous nos marques nationales. Quant aux consommateurs, ils vont commencer à la voir apparaître sur les emballages en commençant par notre dernier né, le sirop Fruiss Bio.

Le label améliore-t-il l’image de l’entreprise ?

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Oui, c’est aussi un des avantages. Routin sera mieux reconnu des parties prenantes, des associations, des pouvoirs publics locaux. Routin comme marque employeur dans la région est mieux identifiée par nos actions en faveur de l’emploi ou de la formation. C’est enfin un bon moyen de sortir du lot et de trouver écho auprès des jeunes, sensibles aux aspects RSE.

Quels sont les enjeux financiers de votre démarche RSE ?

Notre outil de méthanisation a coûté environ 2,5 millions d’euros. Le centre de formation Lab83 a représenté un investissement de plus de 150 000 euros. Les dépenses que nous avons réalisées dans le cadre de la politique RSE sont donc importantes mais elles représentent aussi des sources de retour sur investissement pour l’entreprise et dans le cadre du Lab83, un excellent moyen de transmettre.

Quelles sont vos prochaines échéances en matière de RSE ?

Nous souhaitons ouvrir davantage notre centre de formation, nous adressant au grand public et en développant les liens avec les écoles supérieures et les formations professionnelles. Nous allons aussi travailler sur les effluents afin de limiter encore l’impact de nos productions sur l’environnement.

Routin met l’accent sur ses marques

Fabricant de sirop basé en Savoie depuis 1883, Routin est plus connu en France à travers sa marque grand public Fruiss, et à l’international avec sa marque 1883 destinée au food service. L’entrepises se développe rapidement avec un chiffre d’affaires (60 millions d’euros en 2018) en croissance « à deux chiffres depuis ces dernières années », selon son directeur général Loïc Couilloud. La première activité reste la fabrication sous MDD (47 % du chiffre d’affaires) suivie de l’international (35 %) et enfin des marques (18 %). L’année dernière, Routin a acquis la licence de la marque de jus de fruits Oasis auprès d’Orangina Suntory France, afin de commercialiser des sirops. L’entreprise qui emploie 160 salariés à La Motte-Servolex (Savoie) développe aussi son savoir-faire dans les sirops bio. Elle lance ainsi en ce moment une déclinaison bio de Fruiss et a développé une marque spécifique pour les magasins spécialisés, le Jardin des délices (commercialisé chez Biocoop). Le capital de cette PME est détenu majoritairement par CMC CIC depuis un LBO réalisé en 2012.