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L'oignon français, les raisons d’un rebond

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Grâce à un développement des zones de production, notamment en Beauce, l’oignon français connaît une croissance importante, à l’inverse de son cousin l’ail.

Selon les chiffres présentés par Mathieu Serrurier, expert économique du CTIFL, le 30 janvier dernier lors d’une journée dédiée aux alliacées, le taux d’auto-approvisionnement de l’oignon a bondi de douze points en dix ans pour atteindre 85 % sur la moyenne des années 2020-2022. Un chiffre qui le place sur le podium des grandes familles de légumes les plus auto-consommées derrière le poireau et loin devant la carotte. Cette hausse fait également figure d’exception à l’échelle européenne. Selon les chiffres d’Eurostat, la France se positionne comme le troisième producteur européen sur la moyenne 2020-2022 avec 733 milliers de tonnes produites et une hausse importante de 80 % sur dix ans. Dans le même temps, les Pays-Bas affichent une production de 1 704 milliers de tonnes et une progression de 26 %, et l’Espagne 1 340 milliers de tonnes d’oignon produit et une hausse de 7 %.

Cette belle dynamique de la filière oignon française prend son origine avec le développement de nouvelles zones de production, et notamment la Beauce. « Il y a eu un gros développement depuis vingt ans sur les bassins céréaliers, avec une filière qui a su se structurer sur l’appui technique », analyse Philippe Quaranta, directeur de Jardins du Midi, acteur national de la mise en marché. Il intervenait lors d’une table ronde sur la souveraineté alimentaire des alliacées lors de la journée CTIFL dédiée à ces cultures fin janvier.

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Merchandising

En parallèle de la production, la filière a su développer la commercialisation de l’oignon. « Dans les années 1990, nous avons développé le merchandising avec l’enjeu que nos produits soient plus consommés », se souvient-il. Il se félicite que la filière ait su créer de la valeur avec des produits initialement assez « pauvres ». Pour Sami El Assad, acheteur condiments chez Carrefour, et également intervenant lors de la table ronde, « les clients attendent de l’origine France sur les condiments ». Pour lui, il ne reste qu’un pas à franchir pour proposer de l’oignon français toute l’année en magasin. « Nous y sommes presque. Avec un peu de bonne volonté en oignon jaune, nous pouvons y arriver », assure-t-il.

Si la culture de l’oignon a su s’industrialiser, ce n’est pas encore le cas pour l’ail. La filière ail française représente 2000 producteurs pour une production de 26 000 t. Le taux d’auto-approvisionnement n’est lui que de 42 %. En Europe, c’est l’Espagne qui fait la pluie et le beau temps avec 289 milliers de tonnes produites en moyenne sur la période 2020-2022, loin devant l’Italie et la Roumanie qui complète le podium avec moins de 30 000 t chacune. Mais le réchauffement climatique pourrait rebattre les cartes. « En France, nous observons un développement important au Nord de la Loire alors que les zones de production historiques sont le Sud-Ouest et la Drôme », souligne le directeur de Jardins de Midi.

« Gros développement depuis 20 ans sur les bassins céréaliers »