Alors que le Comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE a confirmé début mars l’embargo sur les produits avicoles américains, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévient qu’en Asie la peste aviaire ne «peut pas être maitrisée dans un avenir proche».
Au Japon, les autorités redoutent une extension de l’épidémie après la découverte de deux nouveaux foyers et au Cambodge, où les experts internationaux s’inquiètent de l’ampleur réelle de la maladie, deux nouvelles provinces ont été touchées.
La facture de l’épidémie de grippe aviaire pour l’Asie sera d’au moins 500 millions de dollars, selon le chef de l’Office international des épizooties (OIE), Bernard Valat.
Le Comité permanent de la chaîne alimentaire de l’UE, réuni les 2 et 3 mars à Bruxelles, a confirmé la suspension jusqu’au 23 mars des importations communautaires d’oiseaux vivants et d’oeufs en provenance des Etats-Unis, suite à l’apparition d’un nouveau foyer de grippe aviaire très pathogène au Texas. L’examen de l’évolution de la maladie aux Etats-Unis «ne permet pas une limitation des mesures de protection» adoptées par l’UE à des «régions restreintes», ont estimé les experts européens qui réeaxamineront la situation lors de leur prochaine réunion le 22 mars.
Le Japon sur le qui-vive
En Asie, alors que plusieurs pays commencent à baisser la garde, l’OMS rappelle que le contrôle de précédentes épidémies, pourtant moins importantes, avait pris au moins deux ans. Cette organisation souligne le caractère exceptionnel, qui au cours des deux derniers mois, a provoqué l’abattage de 100 millions de volailles en Asie, soit un chiffre plus grand que celui des cinq plus importantes épidémies réunies.
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Au Japon, les autorités sont sur le qui-vive dans la région de Kyoto, où deux foyers viennent d’être détectés. Un premier cas a été confirmé le 28 février. 130 000 des 200 000 poulets de l’exploitation ont été abattus pour tenter d’endiguer la maladie qui est réapparue à cinq kilomètres dans une seconde exploitation comptant 20 000 poulets. L’armée a été mobilisée pour aider à la désinfection des zones contaminées. Deux foyers avaient déjà été découverts en janvier et février dans le sud-ouest du Japon, marquant le retour de la grippe aviaire dans ce pays depuis 1925. Ces foyers sont dû au virus H5N1 responsable de la mort de 22 personnes au Vietnam et en Thaïlande.
Pour sa part le Vietnam a affirmé le 2 mars avoir «essentiellement» contrôlé l’épizootie car aucune des provinces affectées n’avait indiqué de foyers de contamination depuis quatre jours consécutifs. L’OMS a cependant mis en garde les autorités contre la levée précipitée des mesures de quarantaine. Plus de 38 millions de volailles sont mortes ou ont été abattues au Vietnam.
Les experts de l’OMS redoutent, par ailleurs, que la gravité de la situation ait été sous-estimée au Cambodge, où deux nouveaux foyers ont été détectés. Etant donné les dégats importants causés par l’épidémie au Vietnam et en Thaïlande, qui sont des voisins immédiats du Cambodge, l’OMS juge possible que le nombre de foyers réels ait été plus élevé que celui dont le gouvernement fait état. Le Cambodge a notamment refusé de mettre en place une politique d’abattage sur une grande échelle à titre de précaution. Seules 6 000 volailles malades ont été tuées.
En Chine, la situation sanitaire semblait fin février en voie d’amélioration. «Il faudra encore un certain temps avant que nous puissions dire que la grippe aviaire a été contrôlée en Chine», affirme cependant Julie Hall, experte à l’OMS.
49 foyers ont été répertoriés depuis fin janvier dans 16 des 31 régions chinoises. Au total plus de 1,2 million de volailles ont été abattues. (AC)
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