L’Office des céréales et Voies navigables de France (VNF) ont lancé en juin 2005 une nouvelle procédure d’aide à l’investissement sous forme d’un appel à projets baptisé « Cereo 2005 », dans le but de relancer et développer le trafic fluvial des céréales et des oléoprotéagineux.
L’objectif de l’appel à projets lancé par l’Onic et VNF est de susciter des investissements pour améliorer des infrastructures d’accès à la voie d’eau, tels que des quais ou des appontements, et pour faciliter le transbordement et la manutention des grains (systèmes de chargement, élévateurs, …). Les deux établissements financiers apporteront leur soutien aux meilleurs dossiers retenus. Ce programme est doté d’un budget d’un million d’euros. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 30 septembre 2005. Ils seront examinés courant octobre 2005. Ceux qui seront retenus pourront bénéficier d’une subvention pouvant aller jusqu’à 40 % du montant des travaux éligibles : jusqu’à 25 % versés par VNF et 15 % versés par l’Onic (plafonnés à 60 000 euros pour la part Onic).
Déjà, en mars 2002, les deux établissements avaient signé un accord-cadre pour relancer ce trafic et moderniser l’accès au réseau navigable. L’objectif était de doubler la part de marché de la voie d’eau d’ici 2010. En septembre 2002, l’Onic avait conclu un contrat de croissance avec les professionnels du transport fluvial (batellerie, armateurs fluviaux et courtiers de fret fluviaux), définissant des engagements réciproques entre céréaliers et transporteurs pour améliorer la qualité du service. C’est dans ce cadre qu’a été établi en juin 2003 un « guide de bonnes pratiques du transport fluvial ».
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70 % du transport de céréales s’effectue par la route
Le coût du transport devient primordial pour la filière céréalière. Il peut atteindre 15 % de la valeur du produit car le prix des céréales a baissé de moitié en 10 ans avec les réformes successives de la Pac, dont l’un des objectifs était justement de réduire le coût des matières premières agricoles, afin de les rendre plus compétitives sur le marché intérieur européen. Or, le transport routier occupe aujourd’hui une place prépondérante. En effet, en France, les tonnages transportés de céréales (exprimés en tonnes/kilomètre) représentent 70 % pour la route, contre 10 % pour la voie d’eau et 20 % pour le chemin de fer. Il faut dire que la filière céréalière rencontre beaucoup de difficultés avec la SNCF, qui ne fait pas d’effort commercial particulier.
Progression du trafic fluvial vers les ports d’expédition
Pourtant, le transport par camion est loin d’être idéal pour une matière première aussi pondéreuse : tarifs fluctuants en fonction du coût du pétrole et des saisons, dangers pour la circulation, pollution, engorgement des axes routiers, … La voie d’eau, au contraire, présente de nombreux atouts. Les voies navigables irriguent un territoire couvrant plus des deux tiers de la collecte française, y compris les grandes régions d’expédition (le Bassin Parisien, l’Est et la Bourgogne) pour acheminer la marchandise vers les grands ports de la Manche, de la mer du Nord et de la Méditerranée. Il s’agit désormais d’adapter le transport fluvial aux nouvelles contraintes commerciales de la filière céréalière pour que la part de marché des voies navigables augmente progressivement. Déjà, en 2004/2005, le trafic fluvial a doublé sur Rouen par rapport à la campagne précédente. Il a triplé sur Marseille (trafic Saône-Rhône) et quadruplé sur Dunkerque, qui a participé à l’approvisionnement des contrats sur la Chine.