Sur la première partie de campagne, la France a enregistré de très belles performances à l’export en blé tendre, comme le reste de l’Europe et l’Allemagne tout particulièrement. Mais la concurrence de la mer Noire pourrait se faire plus féroce sur la deuxième moitié de campagne, estime l’OniGC.
«Les exportations en blé sont très dynamiques », a souligné Christian Vanier, directeur adjoint en charge de l’animation des filières au sein de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), lors de la conférence de presse mensuelle de l’organisation, le 14 janvier, à Montreuil. « Pour la France, nous sommes à plus de la moitié du prévisionnel de 9 Mt vers les pays tiers ». Un bon score, donc. Sauf que la France n’est pas la seule à exporter. L’Allemagne, qui enregistre pour 2008 une récolte de blé de 26 Mt contre 20,8 Mt en 2007, fait elle aussi preuve d’un fort dynamisme, qui a quelque peu surpris la filière.
Pas de trêve des confiseurs à l’export
Trois millions de tonnes de certificats d’exportations ont été demandés au départ de ce pays. Des disponibilités importantes mais également une très bonne qualité expliqueraient ces bons résultats. Au niveau européen, les tirages de certificats ont en général atteint des records, avec 12 Mt de licences délivrées à mi-campagne en blé, dont 800 000 tonnes octroyées en décembre malgré la « trêve des confiseurs ». Un phénomène qui s’explique, selon l’OniGC, par la hausse des échanges mondiaux mais également par la moindre présence des Etats-Unis. Plus étonnant encore dans un contexte de forte récolte mondiale, là aussi, l’Europe est parvenue pour l’instant à exporter près d’1 Mt de maïs sur pays tiers. Une première en l’absence de restitution.
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La Russie menaçante
Pour ce qui concerne le marché français, Christian Vanier souhaite voir les bons résultats obtenus pour les exportations de blé se maintenir sur la deuxième partie de campagne. Mais il estime que les prix pratiqués par les pays de la mer Noire, systématiquement quelques dollars en dessous de ceux de ceux proposés par les opérateurs français, constituent une « zone d’ombre », de nature à « tempérer l’optimisme que l’on peut avoir ». Ce sont les blés russes qui apparaissent les plus menaçants. Même si le géant de l’Est semble mettre en place un système d’intervention interne pour soutenir son marché, difficile de penser qu’il va devenir moins offensif à l’export. D’autant plus que lui aussi enregistre une récolte pléthorique.