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Marché à terme L’orge de brasserie cotée 158 euros/t sur novembre 2010

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Le 10 mai, Nyse Euronext a donné le coup d’envoi du marché à terme de l’orge de brasserie, attendu depuis longtemps par la filière. Pour la première journée de cotation, le cours de la céréale a terminé à 158 euros/t.

En gestation depuis deux ans, l’ouverture du marché à terme de l’orge de brasserie a eu lieu le 10 mai. Les délais annoncés le 13 avril par Nyse (New York Stock Exchange) Euronext ont donc été respectés. En fin de séance, la céréale Fob (Free on board) fluvial Anvers ou Gand cotait 158 euros/t sur novembre 2010. Plutôt élevé par rapport aux 96 euros/t Fob Creil constatés mi-mai pour la variété Sébastian, ce chiffre s’explique notamment par le lieu de livraison et le coût de chargement en péniche. Pour la première séance de cotation, les opérateurs ont échangé quelque 84 lots entre les échéances novembre 2010 et 2011. « Par rapport à la production européenne, à peu près similaire à celle de colza, 3 000 lots par jour devraient être traités quotidiennement quand le contrat aura atteint sa maturité, comme en colza », a indiqué Lionel Porte, de Nyse Euronext, en conférence de presse le 10 mai. Pour François Pignolet, d’Axéréal, il faut que d’ici septembre ou octobre « on monte minimum à une centaine de lots par jour pour représenter quelque chose au niveau européen ».

Une culture que les brasseurs et malteurs vont devoir apprendre
Le contrat répond a priori à un vrai besoin de la filière orge/malt/bière. « Entre agriculteurs, OS, malteurs et brasseurs, ce sont des rapports de force et chacun doit couvrir son risque », a rappelé François Pignolet. Sauf que pour que le marché se développe, Euronext devra probablement conduire « tout un travail de conviction », comme l’a indiqué Michel Costes, président du Syndicat de Paris du commerce et des industries des grains. A l’inverse du colza où, avant l’ouverture du marché à terme en 1994, les opérateurs avaient l’habitude de se couvrir à Chicago, la filière n’a pas cette culture des « puts » et des « calls ». Seuls les plus gros brasseurs se sont intéressés au sujet via le London metal exchange, qui leur permet de se protéger contre des variations de prix du métal utilisé dans les canettes.

Un marché qui pourrait reprendre cet hiver
Ce lancement intervient dans un contexte plutôt morose. « Nous vivons une réduction des échanges de bière et de production de malt dans le monde », a constaté François Pignolet. Compte tenu de cette réduction des besoins, les malteurs se révèlent plutôt bien couverts, ce qui devrait perdurer jusqu’en octobre ou novembre prochains. « La récolte 2010 ne sera commercialisée que sur une demie campagne », a donc signalé le spécialiste. Mais les promoteurs du marché à terme de l’orge de brasserie conservent leur optimisme. « Nous ne savons pas quelle récolte nous allons avoir », a rappelé François Pignolet. Le manque d’eau qui marque le nord de la France pourrait avoir des conséquences. Et « l’hémisphère sud est déficitaire en orge de brasserie », a souligné de son côté Michel Costes. La qualité de la récolte australienne apparaît catastrophique, tandis que la récolte argentine n’est pas au rendez-vous. A priori, les opérateurs, même s’ils ont de gros portefeuilles de contrats en main, devraient se voir obliger de s’approvisionner en Europe d’ici mars. Une perspective qui n’échappe pas aux opérateurs. « Les options sur les contrats d’orge passées ce matin se sont traitées à 28 % de volatilité », a indiqué François Pignolet le 10 mai. Ce qui est élevé et reflète un potentiel à la hausse.

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