La marque Lou, produite par Légulice à Poilley, près de Rennes, s'apprête à lancer une nouvelle récolte de champignons à Chaspuzac en Haute-Loire afin de renforcer sa présence nationale. Objectif : développer la consommation de champignons en France et devenir le leader de ce produit.
Si les champignons de Paris représentent à eux seuls 95 % du marché des champignons en France, il n'en reste pas moins que la consommation de ce légume est loin derrière celle de nos voisins européens. Avec seulement 1,5 kg de champignons par an par habitant, contre 4 kg pour les Irlandais, 3,5 kg pour les Britanniques, 3 kg pour les Allemands et les Espagnols. « Le potentiel de développement est énorme », remarque Emmanuelle Roze, associée fondatrice de Légulice, l'entreprise propriétaire de la marque Lou. Créée en 2009 à partir de rien, Lou a déjà réussi un premier challenge : inverser la tendance de consommation du champignon en France. « Au démarrage, nous vendions du champignon standard importé d'Irlande ou de Pologne, premier pays européen à en produire », raconte-t-elle. Rapidement, Légulice parvient à distribuer 5 000 tonnes de champignons par an. Aujourd'hui, l'entreprise vend 7 000 tonnes de champignons par an, dont 4 500 tonnes de produits français. Ce qui représente 64 % de la production. Légulice réalise désormais 16 M€ de chiffre d'affaires dont 12 M€ uniquement pour la marque Lou. Mais l'ambition de l'entreprise ne s'arrête pas là. L'objectif d'Emmanuelle Roze et de ses associés, Fabrice Chapuzet et Benoît Roze, est de mailler le territoire rapidement et de monter à 80 % de production française et seulement 20 % d'import.
UNE SECONDE CHAMPIGNONNIÈRE EN HAUTE-LOIRE
Ainsi, en 2015, la première champignonnière française ouvre ses portes à Poilley, à 60 km de Rennes. La concrétisation de trois années d'échanges et de discussion avec la Communauté de communes de Poilley qui soutient financièrement le projet par le biais d'un crédit-bail que Légulice rembourse tous les mois. Là, dans les onze salles de culture sont cueillis, emballés et livrés en 24 heures 4 tonnes et demi de champignons dès cette première année d'exploitation. Une seconde champignonnière est donc en projet à Chaspuzac en Haute-Loire. Elle doit sortir de terre d'ici la fin de l'année 2016 pour un démarrage de production dès que possible. Cela permettra de doubler la capacité de production de champignons de Paris Lou, à 9.000 tonnes par an. Ce nouvel emplacement stratégique livrera les clients GMS des régions Sud-Est, Sud-Ouest, Centre et PACA. Le site breton continuera de livrer l'Ouest, le Nord et la région parisienne. Le projet d'une troisième champignonnière dans l'Est permettrait à Lou de compléter son maillage territorial. « La clé de notre développement c'est la logistique », insiste Emmanuelle Roze. « Si l'on veut manger local, il nous faut organiser un circuit pour être au plus près des distributeurs pour leur proposer un produit le plus frais possible. »
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8,5 M€ D'INVESTISSEMENT EN HAUTE-LOIRE
Ce nouvel outil de production, ou plutôt de culture, représente un investissement de 8,5 M€ qui sera porté par un promoteur immobilier privé qui louera à Légulice les 12 000 m2 de salles de culture et de conditionnement. « Nous prenons de gros risques et c'est la solution de fi nancement qui nous convient », prévient Emmanuelle Roze. Avant le démarrage de la production, le site de Poilley doit également être agrandi de cinq nouvelles salles de culture afin de doubler le potentiel de production des champignons, et de dédier une parcelle au bio ainsi qu'aux Bella Rosés, des champignons bruns très appréciés aux moments des fêtes de fin d'année. En moins d'un an, Lou a déjà créé 120 emplois à Poilley et s'apprête à recruter 120 personnes à Chaspuzac. « Majoritairement des cueilleurs, mais aussi des conditionneurs », indique la dirigeante. Distribué à 98 % auprès des GMS, Lou cherche également à développer le marché des grossistes pour la restauration hors domicile. Et surtout à faire valoir les bienfaits nutritionnels et santé de ce légume « ultra sain et gourmand, facile à travailler, aussi bon cru que cuit », encore trop peu consommé dans l'Hexagone.