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Productions animales L’Ouest parviendra-t-il à relever le défi alimentaire mondial ?

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« L’Ouest a-t-il sa place dans le défi alimentaire mondial ? » Certains se demandent si la production hors-sol n’est pas condamnée à terme. C’est ce qu’on a pu entendre lors d’une conférence prospective organisée le 13 septembre à Rennes pendant le Space, par Coop de France Ouest.

Il y a d’un côté une robuste demande mondiale en produits carnés qui progresse à mesure de l’élévation de la population et de l’augmentation de son niveau de vie. La production de viande dans le monde atteint 295 millions de tonnes de viande, soit deux fois plus qu’en vingt ans. Selon la FAO, il faudrait en produire 210 millions t supplémentaires à l’horizon 2050 pour satisfaire les besoins des 9 milliards d’habitants qui peupleront alors la planète. De l’autre, il y a une tension de plus en plus forte sur les surfaces cultivables qui renchérissent un peu plus le coût des céréales. Dans l’Ouest, terre d’élevage qui concentre l’essentiel des monogastriques (porcs et volailles) et une bonne partie des ruminants laitiers de l’Hexagone, les grands mouvements internationaux ne manquent pas d’inquiéter. L’Ouest est pieds et poings liés à ces protéines non européennes (soja notamment) nécessaires à l’engraissement des porcs et des volailles. Or, en une quinzaine d’années, l’Ouest a perdu 400 000 t de production carnée (3,6 à 3,2 millions t entre 1998 et maintenant), principalement de la viande de volaille. Ajoutez-y le début de démantèlement du groupe Doux et les difficultés de la filière porcine, vous obtenez la confirmation que le processus de décroissance en monogastriques devrait logiquement s’accentuer. Avec le risque qu’un savoir-faire quitte définitivement le territoire, alors que la demande en produits carnés reste soutenue. Sans augmentation durable du prix des viandes payées aux producteurs, les filières se désagrègeront. Jusqu’à présent, l’augmentation plus rapide du prix des matières premières végétales par rapport à leurs produits dérivés (+ 70 % pour les grains entre 2006 et 2012, + 40 % pour les viandes) a été compensée par des gains de productivité. Mais cet équilibre tiendra-t-il longtemps ? Par contre, l’élevage laitier devrait rester une grande région de production laitière, grâce à sa protéine locale, l’herbe.

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