Alors que « le Parlement européen est majoritairement favorable à une gestion plus stricte du loup », des ministres de l’Agriculture « se battent à Bruxelles pour le maintien du statut de protection du loup », déplore Norbert Lins, le président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, dans un communiqué du 6 février. À l’initiative de la Slovaquie, une lettre soutenue par onze autres ministres de l’Environnement de l’UE (de Bulgarie, Allemagne, Grèce, Espagne, Irlande, Chypre, Luxembourg, Autriche, Portugal, Roumanie et Slovénie), a en effet été envoyée début février au commissaire européen à l’Environnement Virginijus Sinkevičius pour s’opposer « sans équivoque à la demande de la résolution du Parlement européen visant à affaiblir la protection juridique du loup ». En novembre 2022, le Parlement européen avait adopté une résolution plaidant pour un assouplissement de la protection des populations de loups dans l’UE.
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Les ministres signataires de la lettre estiment au contraire qu’il faut reconnaître le « rôle indispensable » des grands prédateurs pour réguler l’abondance du gibier et améliorer sa santé. Ils admettent que des dommages inévitables dans le cadre de la coexistence avec le loup sont causés au bétail mais considèrent que des mesures peuvent être prises pour limiter cet impact négatif, comme des régimes d’indemnisation ou des dispositifs préventifs.
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Mais pour Norbert Lins, cette lettre des ministres de l’Environnement « est une attaque contre les zones rurales ». « La décision majoritaire du Parlement européen a montré que l’Europe ne veut pas s’en tenir à des règles dépassées, mais que la protection et la sécurité des personnes et des animaux d’élevage dans les zones rurales sont pour nous une priorité », ajoute l’eurodéputé qui estime avoir le soutien de la présidente de la Commission européenne qui s’est engagée à réexaminer les données sur les populations.