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Loup et loi d'urgence : des positions très divergentes 

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Auditionnés par les sénateurs, la ministre de l’Agriculture et les syndicats ont eu l’occasion de rappeler leur position sur la gestion du loup avant l’examen du projet de loi d’urgence agricole par la chambre haute, le 29 juin.

Lors de son audition en commission au Sénat, le 9 juin, la ministre de l’Agriculture a insisté sur deux mesures de gestion du loup contenues dans le projet de loi d’urgence agricole (PLUA). La première, inscrite par le gouvernement dans son texte initial et maintenue par les députés, stipule que « la gestion du loup dépend aussi du niveau de prédation », selon elle. Dans son alinéa 5, l’article 14 du PLUA prévoit que l’exécutif précise dans son arrêté-cadre des mesures de gestion « adaptées à l’évolution de la pression de prédation », sans plus de détails. La seconde mesure est la création, par un amendement de la députée Émilie Bonnivard, d’un « plancher » appliqué à l’effectif de loups permettant le maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable, comme prévu par la réglementation européenne. Une nouvelle fois, la ministre s’est refusée à préciser le nombre minimal de loups correspondant à ce « plancher ».

Par ailleurs, Annie Genevard a écarté la possibilité d’un nouvel abaissement du statut de protection du loup dans la convention de Berne et la directive européenne Habitats, récemment réclamé par une mission sénatoriale. « Vous pouvez le décréter ici, au Sénat français. Vous savez bien que, en l’état actuel des choses, ce n’est pas le seul Parlement français qui a la main, c’est évidemment au niveau européen que les choses se décideront. »

Mesures « populistes », pour la Conf'

Fin mai, en première lecture, les députés ont largement amendé le volet sur le loup du PLUA : ajout d’un tir de « légitime défense », autorisation sous conditions des lunettes thermiques pour les éleveurs, facilitation des tirs pour les bovins, création d’un statut pour les louvetiers. Autant de dispositions vues d’un bon œil par le président de la FNSEA, auditionné par les sénateurs le 10 juin. « Favorable à un prélèvement plus important », Arnaud Rousseau a rappelé son attachement à « la limitation de la prédation à son strict minimum ». « Nous ne serions pas gênés à un passage à un statut non protégé » pour le loup, a-t-il encore concédé.

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Le même jour, le président de la Coordination rurale Bertrand Venteau a défendu, sans surprise, une position plus radicale. « La meilleure défense c’est l’attaque », a-t-il considéré, réclamant de donner « aux paysans le pouvoir de se défendre par eux-mêmes ». Quant au porte-parole de la Confédération paysanne, Stéphane Galais, il a qualifié les mesures proposées de « populistes » : « Donner le pouvoir aux paysans, c’est bien, ça satisfait les demandes. Mais, si je travaille 50 h par semaine, je ne veux pas avoir en plus la régulation du loup à gérer. »

YG, MR

Genevard sceptique sur un nouveau déclassement du loup