Dans une pétition lancée le 19 mars, onze associations de protection de la nature (1) demandent au gouvernement français de « rejeter formellement » la proposition de la Commission européenne de modifier le statut de protection du loup dans la Convention de Berne et dans la directive Habitats. Un passage de « strictement protégé » à « protégé » signifierait que « le loup pourrait être tué par des actions de chasse, lors de battues, alors qu’il n’est pas en situation de prédation », prévient Jean-David Abel, de FNE. Conséquence indirecte, alors que les prélèvements resteraient plafonnés : « On aurait moins de possibilités de tirs pour les situations vraiment problématiques » de prédation des animaux d’élevage. « On pourra tuer tous les loups, les lynx et les ours que l’on veut, cela ne réglera pas les problèmes des bergers », a lancé le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg. Selon lui, les éleveurs ont été « sacrifiés » lors de l’ouverture du marché européen aux importations de viande ovine en provenance de Nouvelle-Zélande. « C’est à ce moment-là qu’il y a eu prédation. »
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Plus largement, les associations craignent que le changement de statut « ouvre une boîte de Pandore ». Selon Yann Laurans, de WWF France, « rouvrir la directive Habitats, faune et flore permettrait de renégocier tout ce qu’il y a dedans ». Sous la pression des professionnels, Emmanuel Macron et Marc Fesneau ont indiqué à plusieurs reprises être favorables au déclassement du prédateur. Le Plan loup 2024-2029 prévoit que « la France se mobilisera et sera force de proposition de manière à adapter le statut de l’espèce à son état de conservation ».