Les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-huit ont demandé aux instances de l'UE de décider rapidement l'ouverture unilatérale du marché communautaire aux exportations de l'Ukraine. Le Parlement européen devrait donner son feu vert lors de sa session plénière de début avril, l'objectif étant une mise en œuvre en mai.
LE sommet européen des 20 et 21 mars à Bruxelles a demandé « instamment » au Conseil de l'UE et au Parlement européen d'adopter « rapidement » la proposition de la Commission visant à soutenir l'Ukraine en appliquant de façon anticipée et unilatérale le volet douanier de l'accord d'association et de libre-échange avec ce pays. Les organisations et coopératives agricoles de l'UE réunies au sein du Copa-Cogeca ont demandé de ne pas mettre en œuvre cette ouverture du marché communautaire pour des produits sensibles (céréales, viandes, œufs et volaille), qui doivent faire l'objet de quotas d'importation à droit nul sur la marché communautaire (1).
La commission du commerce extérieur du Parlement européen a déjà approuvé tel quel le 20 mars, par 22 voix contre 2 et une abstention, les « mesures commerciales autonomes » prévues par l'UE au bénéfice de l'Ukraine, qui pourraient entrer en vigueur en mai et seront valables jusqu'au 1er novembre (2). Les députés doivent se prononcer lors de leur session plénière des 2 et 3 avril.
Du G8 au G7Le volet politique de l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine, à l'origine de la crise entre Moscou et les pays occidentaux, a été signé le 21 mars à Bruxelles. Les autres chapitres, qui instituent une zone de libre-échange « approfondi et complet » et prévoient une large coopération économique et judiciaire, attendront la formation d'un gouvernement à Kiev issu des prochaines élections du 25 mai ainsi que le lancement d'un programme d'assainissement et de réformes économiques.
L'Union prévoit de signer de tels accords d'association également avec la Géorgie et la Moldavie, deux autres pays souhaitant se rapprocher d'elle et sortir de la sphère d'influence russe. Elle a aussi annulé le sommet bilatéral prévu en juin avec la Russie.
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De même, les dirigeants de l'Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon, du Royaume Uni (G7), réunis le 24 mars à La Haye, ont décidé de ne pas participer au sommet du G8 prévu en juin à Sotchi sous la présidence de la Russie. À la place, ils se retrouveront « en format G7 » à Bruxelles.
Quand à la Suisse et ses trois partenaires de l'AELE (Association européenne de libre-échange) – Norvège, Islande et Liechtenstein –, ils vont interrompre les négociations avec la Russie en vue d'un accord sur la libéralisation du commerce.
(1) Voir n° 3440 du 24/03/14
(2) Voir n° 3439 du 17/03/14