«L’Europe n’a pas vocation à nourrir le monde, mais à participer à l’équilibre alimentaire mondial », a expliqué Luc Guyau, ancien président du conseil de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), aux élèves de l’École supérieure d’agriculture (ESA) d’Angers, lors de la « leçon inaugurale » de rentrée donnée le 1er octobre 2013. « Il y a encore 870 millions de personnes qui ne mangent pas à leur faim, ça ne peut plus durer, même si nous avons beaucoup avancé durant ces 50 dernières années », a-t-il développé. Et selon lui, « on ne pourra pas nourrir 2 milliards d’hommes en plus avec les mêmes techniques et les mêmes réponses que par le passé ».
Répétant que « c’est une erreur d’avoir mis l’agriculture dans l’OMC, alors que seuls 11% de la production agricole sont commercés entre différents pays », il insiste sur l’importance de la régulation des marchés, car « les fluctuations ne profitent ni au consommateur ni au producteurs, mais uniquement aux intermédiaires ». Pour lui, il faut, dans le monde entier, « inciter l’organisation des producteurs et reconnaître leur rôle fondamental ».
Luc Guyau a demandé aux étudiants de l’ESA « s’investir, de s’engager » dans leurs futurs métiers, afin que, politiquement, on puisse « redonner fierté et revenu aux paysans du monde », qui comptent pour 70 % des personnes qui souffrent de la faim sur la planète.
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