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Élection à la FAO Luc Guyau : « J’entends bien garder mes particularités ! »

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La FAO a préféré un agriculteur de Vendée à un haut fonctionnaire anglais. Même si l’élection n’était pas gagnée d’avance, Luc Guyau a été élu au deuxième tour avec 75 voix contre 69 au candidat anglais Victor Charles Heard. Le nouveau président français du conseil de la FAO voit dans cette élection la « reconnaissance du rôle de la société civile à l’échelle internationale et notamment celui des agriculteurs pour assurer la sécurité alimentaire mondiale ».

C’est une première. Un agriculteur, certes rompu au syndicalisme et aux responsabilités institutionnelles, accède à la présidence indépendante du Conseil de l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’instance dirigeante de la FAO, dont le directeur est Jacques Diouf, est la Conférence des nations, qui se réunit tous les deux ans. La Conférence élit un Conseil de 49 nations membres qui joue le rôle d’organe intérimaire et que préside Luc Guyau. « Sur beaucoup de sujets nous serons en tandem avec Jacques Diouf et je suis sûr que nos complémentarités n’apporteront que du bénéfice à la FAO », a-t-il déclaré à la suite de son élection. « J’arrive avec des particularités et j’entends bien les garder », a-t-il renchéri le 26 novembre lors d’une conférence de presse à Paris. L’ancien responsable syndical français, qui a présidé le 25 novembre pour la première fois le Conseil de la FAO, a estimé que « l’une des premières choses à faire est d’associer les paysans au développement de la production locale ». « Je ne crois pas à un modèle mondial de l’agriculture », a-t-il ajouté. « Il n’y aura pas d’agriculture durable sans un minimum de régulation », prévient-il.

Fierté et symbole
Le microcosme agricole dans sa grande majorité a salué l’élection de Luc Guyau en soulignant le symbole et « la fierté » que constitue l’arrivée d’un agriculteur à la tête du conseil de la FAO. Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture « se réjouit de cette élection ». « Luc Guyau sait d’ores et déjà pouvoir compter sur le soutien de la France à l’action énergique qu’il mènera pour répondre aux défis de la sécurité alimentaire mondiale », souligne le ministre.
La Confédération paysanne, elle, s’interroge par communiqué de presse interposé. « Peut-on faire confiance à un homme qui à l’aide de son syndicat (la FNSEA : ndlr) a jeté l’Europe dans une course folle au productivisme dans l’ambition de nourrir le monde ? ». Pour Luc Guyau, « la Confédération paysanne n’a rien compris ». Il promet de s’en expliquer quand « je les verrai ». « Via Campesina m’a donné son soutien, ajoute-t-il. Et ils m’ont prévenu qu’ils me surveillerait ! », a-t-il avoué tout sourire. Ce 26 novembre, Luc Guyau avait décidé de ne pas bouder son plaisir. Il va quitter la présidence de l’APCA dès les premiers mois de 2010. « J’entends garder quelques liens avec le territoire », a-t-il toutefois prévenu. Guy Vasseur, actuel vice-président de l’APCA devrait lui succéder.

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