Dans le calendrier de la réforme de la Pac, Luc Guyau, président de l’APCA, voit loin. Avant la fin de l’année, il souhaite que les chefs d’États de l’Union européenne donnent le cap sur la Pac de l’après-2013. La réunion informelle des ministres de l’Agriculture qui se déroulera à Annecy du 21 au 23 septembre n’est qu’une « première marche », espère-t-il.
«Osons refonder les politiques agricoles européennes ! » C’est Luc Guyau, président de l’APCA, qui le dit. Aller vite et loin : telle est la devise des chambres d’agriculture à quelques jours de la réunion des ministres de l’Agriculture à Annecy qui doit s’interroger sur la Pac de l’après 2013. Cette réunion ne doit être qu’une « première marche » avant une « déclaration des chefs d’État pour fixer le cap » avant la fin de l’année 2008. « Si la Pac ne peut fédérer les États membres ; c’est à désespérer de l’Europe », souligne le président de l’APCA. Pourtant au niveau politique, « la partie n’est pas gagnée d’avance », concède-t-il. « La France est l’un des pays qui a le moins réformé sa Pac lors de la mise en œuvre de la réforme de 2003 », convient-il. C’est pourquoi « la marche du bilan de santé de la Pac (qui précède la réflexion sur la PAC de l’après 2013 : ndlr) doit être passée allègrement », espère Luc Guyau. L’objectif final doit être de reconsidérer la politique agricole « à l’aune du nouveau contexte mondial et des nouvelles demandes de la société européenne ». Luc Guyau estime qu’il faut, pour ce faire « légitimer l’intervention publique et revisiter certains outils emblématiques de cette politique et notamment les aides directes ».
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Gare aux situations de rente
Les chambres d’agriculture plaident pour « un cadre régulé, assis sur des outils rénovés de stockage et de gestion des risques sanitaires et climatiques ». Ce cadre est « indispensable pour lisser les déséquilibres entre offre et demande ». Au chapitre de la réorientation des soutiens, « il fait arrêter de croire que l’on va faire du mutualisme et que tout le monde au final va avoir plus », précise Luc Guyau. L’enjeu est d’aboutir à « des soutiens davantage ciblés sur le développement durable et des critères d’octroi expurgés de toute situation de rente ». Face à la logique de la Commission européenne qui « vise à poursuivre l’évolution de la Pac avec comme seul objectif la libéralisation totale des marchés agricoles », les chambres d’agriculture plaident pour une politique agricole fondée « sur la responsabilité des agriculteurs, sur la contractualisation des débouchés et sur la rémunération environnementale ». En clair, les orientations validées par les chambres d’agriculture qui visent à construire une « politique alimentaire agricole et territoriale » sont en phase avec celles validées en CSO (Conseil supérieur d’orientation), souligne Luc Guyau. La seule différence est que « nous, nous demandons les choses, les pouvoirs publics, il faut qu’ils les obtiennent ! », a conclu le président de l’APCA.