L’Europe en tête sans perdre son ancrage sur le terrain : tel est l’état d’esprit de Luc Guyau, président de l’APCA, qui après 25 ans de syndicalisme agricole souhaite mettre plus largement son expérience au service de la société. Le premier acte politique de Luc Guyau : son adhésion pour la première fois à un parti, lors du congrès de l’UMP à Toulouse il y a un an. Il est aujourd’hui « candidat à la candidature » sur une liste interrégionale aux couleurs de l’UMP pour les élections européennes de juin 2004
«J’ai envie d’y aller ». Luc Guyau entre dans la course aux élections européennes pour être en position de gagner. « Il ne s’agit pas d’aller un cran au-dessus du syndicalisme mais pour moi, il est temps de faire bénéficier de mon expérience ailleurs », explique-t-il. « Il s’agit de continuer mon action peut-être de manière moins corporatiste, souligne-t-il. Avec la nouvelle formule du scrutin des européennes(Cf encadré) , un député européen est à l’interface entre l’Europe et sa région ». « L’Europe des nations régionalisées » est un concept séduisant pour cet ancien président du Copa (Comité des OPA de l’Union européenne) qui avoue avoir « tout à apprendre » de la politique.
En position éligible
Pour l’heure, Luc Guyau se porte « candidat à la candidature » sur une liste aux couleurs de l’UMP dans sa circonscription de l’Ouest (régions Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes). Son objectif est d’être en position éligible. Dans le cas contraire, il refusera de figurer sur une liste. Les places sont chères entre les trois régions. Pour être certain d’obtenir un siège de député si cette liste gagne, il faut être en tête de liste... dans les deux premières positions. Dès la troisième place, l’incertitude est plus grande. Sans compter l’obligation de respecter la parité : un homme, une femme ou l’inverse. Luc Guyau veut y croire. Il a parlé de son avenir politique au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin lors d’une rencontre le 10 novembre. Ce dernier s’est montré positif. Pour autant, le calendrier avant les élections reste flou. Bien malin celui qui pourrait dire quand les listes définitives seront arrêtées. Ce qui pousse le président de l’APCA à ne pas abandonner la perspective des élections régionales de mars 2004 qui précèdent les européennes.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Aux commandes de l’APCA
Si Luc Guyau a de sérieuses cartes en main pour espérer un avenir politique, il reste néanmoins prudent. Bien décidé à poursuivre son action en tant que président de l’APCA jusqu’au bout, il ne veut pas courir le risque d’abandonner sa fonction avant d’être certain de « s’installer » en politique. Pour lui, sa fonction de président du réseau des chambres d’agriculture n’est pas incompatible avec sa récente appartenance à l’UMP et son engagement dans la bataille des élections européennes. Il n’exclut pas de se « mettre en réserve » par rapport aux prises de positions de l’APCA en terme de communication et de mettre en avant d’autres élus.
Faire notre révolution
Pour autant Luc Guyau n’abandonne pas ses chevaux de bataille parmi lesquels le développement agricole qui donnera lieu à la première université des Chambres d’agriculture les 10,11 et 12 décembre au Futuroscope de Poitiers. Une partie de la baisse des crédits du développement agricole à l’horizon 2004 peut s’amortir avec du partenariat, explique-t-il. «Si tout le monde fait tout, ce sont les paysans qui paieront. Il en va de notre responsabilité d’autant qu’avec la réforme de la PAC, le paysage agricole va changer», souligne le président de l’APCA. « En deux ans il va falloir faire notre révolution », prévient Luc Guyau. «Quel type de relations aurons-nous avec les nouveaux “ayant droits” de l’agriculture qui se partageront le milieu rural avec les agriculteurs et les pluriactifs ? », questionne-t-il encore. Il espère que les réflexions de l’université des chambres d’agriculture et celles des cinq réunions interrégionales de préparation permettront d’écrire une importante partie de l’exposé des motifs de la future loi d’adaptation agricole d’Hervé Gaymard prévue pour 2004. Une année.... politiquement majeure.