Abonné

L’UE adapte son dispositif contre Xylella fastidiosa, les recherches se poursuivent

- - 3 min

Les États membres ont renforcé leur dispositif de lutte contre la propagation de la bactérie tueuse d’oliviers Xylella fastidiosa depuis le sud de l’Italie. Des traitements testés par l’Efsa dans cette région ont permis de réduire les symptômes de la maladie sans pour autant éliminer la bactérie.

Les experts des États membres ont approuvé le 15 avril des mesures supplémentaires pour lutter contre la bactérie Xylella fastidiosa tueuse d’oliviers, notamment l’élargissement de la zone délimitée autour du foyer d’infection – dans la région des Pouilles en Italie – d’une quarantaine de kilomètres au nord. Une décision prise suite à la découverte de nouveaux foyers dans la zone entourant la région infectée de la province de Lecce depuis l’adoption des dernières mesures d’urgence fin 2015. Au sein de cette nouvelle zone, les mouvements de végétaux sont strictement encadrés, et tout arbre infecté doit être arraché. En dehors de cette zone, la détection d’un foyer entraîne l’arrachage obligatoire de toutes les plantes dans un rayon de 100 mètres. Ces nouvelles dispositions prévoient également la mise à jour de la liste des espèces réglementées soumises à des restrictions.

Recherche de traitements

Par ailleurs, dans un avis du 20 avril, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) conclut qu’aucun traitement n’a pu être identifié pour éliminer l’agent pathogène des plantes cultivées en plein air. Les méthodes testées (au nombre de deux) permettent néanmoins de réduire les symptômes de la maladie causée par Xylella fastidiosa, soulignent les chercheurs de l’Université de Foggia et du Conseil pour la recherche en agriculture (CREA). Ces traitements pourraient permettre de prolonger la vie des oliviers dans la zone de confinement des Pouilles, où la présence de la bactérie est généralisée.

Des oliviers infectés traités au moyen de plusieurs composés bioactifs suite à une taille sévère ont montré une croissance vigoureuse de nouvelles branches porteuses de feuilles exemptes de symptômes dans les cinq mois suivant l’application du traitement, constate la première étude. Une réaction probablement liée à l’effet de micronutriments et de pratiques agronomiques qui améliorent la vigueur des plantes et de leur résistance au stress causé par les infections bactériennes.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Autre traitement qui a apporté des résultats positifs : suite à l’utilisation d’un produit commercial contenant du zinc, du cuivre et de l’acide citrique, toutes les plantes traitées ont survécu tant à l’été 2015 qu’à l’hiver qui lui a succédé.

Dans les Pouilles, les résultats préliminaires de traitements intensifs avec de telles formulations, en combinaison avec l’utilisation de bonnes pratiques de gestion des cultures, ont apporté plus de vigueur aux arbres malades mais la bactérie continue d’être présente sur les végétaux.

Enfin, une équipe du laboratoire de phytopathologie AgroBioTech de Gembloux (Belgique) a, de son côté, présenté les premiers résultats de recherches montrant l’efficacité de la lactopéroxydase, une enzyme naturellement présente dans le lait, la salive ou encore les larmes, sur la bactérie Xylella fastidiosa. Ces derniers résultats n’ont pas été testés sur le terrain par l’Efsa.