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Union européenne L’UE débloque 210 millions d’euros pour aider les producteurs de légumes

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Entérinant une proposition de la Commission européenne, les experts des Vingt ont donné leur feu vert le 14 juin à Bruxelles à l’octroi d’une aide de 210 millions d’euros en faveur des producteurs européens de légumes dont les ventes ont fortement chuté pendant plusieurs semaines suite à l’épidémie de la bactérie tueuse Eceh. Un montant jugé insuffisant par douze Etats membres pour faire face à l’ampleur de cette crise. La France, indique-t-on dans l’entourage du ministre français de l’Agriculture, Bruno Le Maire, est en train de mobiliser ses partenaires européens pour obtenir davantage de crédits et une simplification du dispositif de cette aide. La France a l’intention de soulever la question lors de la prochaine réunion des ministres de l’agriculture prévue le 28 juin à Luxembourg.

Pour Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, la mobilisation de ces fonds en faveur des producteurs de légumes est « un signal important montrant que l'Europe est en mesure de réagir vite quand elle en a besoin ». La décision n’a toutefois pas été prise à l’unanimité car plusieurs pays souhaitaient obtenir davantage de crédits. C’est le cas de l’Espagne, de la France, de la Pologne et de la Slovaquie qui ont voté contre, tandis que huit autres Etats membres (République tchèque, Estonie, Grèce, Italie, Lituanie, Lettonie, Autriche et Roumanie) se sont abstenus. Le dispositif prévu par la Commission européenne va permettre aux maraîchers de recevoir une compensation équivalente à 50 % d’un prix de référence sur la base des cours relevés en juin 2008, 2009 et 2010 pour les tomates, concombres, laitues, courgettes et poivrons invendus. Les quelque 35 % de producteurs membres d'organisations de producteurs bénéficieront de mécanismes de compensation supplémentaires, couvrant jusqu'à 70% de leurs pertes. Les Etats européens devront notifier d'ici au 22 juillet les volumes retirés du marché, et c'est alors que les producteurs pourront commencer à être indemnisés, a précisé un porte-parole de la Commission. C'est également à cette date, une fois les volumes concernés connus, que sera confirmé le niveau d'indemnisation. Par ailleurs, le règlement européen offre aux producteurs qui ne sont pas membres d’une organisation de producteurs la possibilité de profiter de l’option « récolte en vert ».

Des graines germées à l’origine de la contamination

Selon le recensement effectué au 15 juin, plus de 3 200 personnes étaient tombées malades en Allemagne à cause d’une souche très virulente de la bactérie E.coli entérohémorragique (Eceh) et 37 personnes étaient mortes dans cet Etat membre et une en Suède. Après plusieurs semaines d’incertitude, les autorités allemandes ont identifié le 10 juin des graines germées issues d'une ferme d'agriculture biologique du nord de l'Allemagne comme étant à l’origine de la contamination. Les répercussions financières ont été lourdes pour les agriculteurs européens, les concombres, salades et tomates ayant été boudés pendant plus de deux semaines en écho aux recommandations des autorités allemandes, qui les ont d'abord soupçonnés d'être de potentiels vecteurs de l'épidémie. Selon le président de la Fédération des agriculteurs allemands (DBV), Gert Sonnleitner, le préjudice de cette crise est de 500 à 600 millions d’euros dont 65 millions pour les producteurs allemands. La Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes (Fepex) estime les pertes pour l’Espagne à 225 millions d’euros par semaine. Le secteur européen des légumes a aussi souffert de l’embargo décrété le 2 juin par la Russie. Moscou a accepté le 10 juin, lors du sommet UE-Russie, le principe d’une reprise des exportations. Le chef de l’Etat russe, Dmitri Medvedev, a précisé que « très bientôt » des spécialistes russes et européens allaient « mettre au point des certificats qui confirmeront que les légumes fournis à la Russie ne sont pas dangereux ». Mais le 15 juin l’embargo était toujours en place et la Commission européenne a fait part à Moscou de son « profond mécontentement ».

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