Chiffres à l'appui, la Commission européenne a réfuté l'idée que l'UE soit devenue dépendante de ses importations alimentaires. Bien au contraire, souligne-t-elle, l'UE reste un exportateur net dans des produits alimentaires aussi importants que les viandes, les produits laitiers ou les produits à base de céréales.
Non, pas du tout, l'Union n'est pas en train de devenir de plus en plus dépendante de ses importations alimentaires. La preuve ? Les exportations de produits agricoles de l'UE ont augmenté de 71 milliards d'euros en 2007 à 120 milliards d'euros en 2013, tandis que les importations de produits agricoles n'ont, elles, augmenté que de 78 milliards d'euros en 2007 à 102 milliards d'euros en 2013. Telle est la réponse apportée par la Commission européenne à une question de l'eurodéputé autrichien, Franz Obermayr, (extrême droite) sur le sujet. Ce dernier se demandait en outre si cette présumée dépendance alimentaire de l'UE ne se faisait pas par le biais de la dépossession des peuples autochtones, sous la forme d'un accaparement de terres et de l'affaiblissement du tissu économique des sociétés locales.
Dans sa réponse, le commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, précise que selon les dernières statistiques disponibles, les produits finaux ont représenté en 2013 près de 50% des importations agricoles, principalement des fruits tropicaux, des épices et des légumes. Cependant, avec 120 milliards d'euros d'exportations en 2013, l'UE à 28 est restée le plus grand exportateur de produits agroalimentaires du monde. Mieux : l'UE reste un exportateur net dans des catégories aussi stratégiques que la viande, les produits laitiers ou les céréales.
D'après le rapport de la Commission européenne sur le commerce agricole pour 2013, si l'UE est restée le plus grand importateur de produits agricoles, il n'empêche que les valeurs des importations ont été inférieures au niveau de l'année 2012, à environ 102 milliards d'euros. Ce qui a généré un excédent du commerce agroalimentaire de 18 milliards d'euros, soit une hausse de 7 milliards d'euros par rapport aux chiffres de 2012. Depuis que l'UE est devenue un exportateur net de produits agroalimentaires en 2010, fait observer le commissaire irlandais, l'excédent commercial n'a pas cessé d'augmenter. En 2013, le lait et les préparations à base de céréales représentaient 12,5 % des exportations alimentaires et agricoles de l'UE, pour un total de quelque 8,7 milliards d'euros, celles-ci suivant de près les vins (9,1 milliards d'euros) et les liqueurs et spiritueux (10 milliards d'euros). Le blé et les confiseries au chocolat figurant parmi les autres exportations spécifiques du secteur agroalimentaire de l'UE.
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RESPECTER LES DIRECTIVES VOLONTAIRES
Quant à savoir ce que la Commission européenne compte faire pour atténuer l'impact de l'accaparement des terres dans les pays tiers par des investisseurs d'origine européenne, Phil Hogan se borne à répondre que l'Union « promeut activement les lignes directrices et procédures, telles que les « Directives volontaires sur la gouvernance responsable des régimes fonciers de la FAO (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture de l'ONU) ainsi que les « Principes pour l'Investissement Responsable dans les systèmes agricoles et alimentaires » visant à protéger et à défendre le droit à l'accès à la terre pour les petits agriculteurs, les femmes et les populations autochtones. L'UE, a-t-il souligné, se doit de s'assurer que ces lignes directrices et ces principes volontaires sont respectés par les investisseurs européens. D'ailleurs, a-t-il précisé « les projets financés par l'Union européenne au cours des dernières années ont été orientés, dans la mesure du possible, vers la promotion de ces principes et de ces lignes directrices dans les pays bénéficiaires ». Aziz Ben Marzouq
Les « Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers » de la FAO prévoient notamment que les acteurs non étatiques, y compris les entreprises, sont tenus de respecter les droits de l'homme et les droits fonciers légitimes. Les entreprises devraient agir avec la diligence nécessaire afin d'éviter d'empiéter sur les droits fondamentaux et les droits fonciers légitimes d'autrui. Elles devraient prévoir des systèmes adaptés de gestion des risques afin de prévenir les violations des droits de l'homme et des droits fonciers légitimes et de remédier à leurs effets. Les entreprises devraient prévoir des mécanismes non judiciaires, ou coopérer avec de tels mécanismes, afin d'offrir des voies de recours, y compris, s'il y a lieu, des mécanismes efficaces de règlement des différends au niveau opérationnel, pour les cas où elles auront porté atteinte à des droits de l'homme ou à des droits fonciers légitimes ou joué un rôle à cet égard. Les entreprises devraient identifier et évaluer toute violation potentielle ou avérée des droits de l'homme ou de droits fonciers légitimes dans laquelle elles auraient pu jouer un rôle. Dans le cas des sociétés transnationales, les États d'origine doivent fournir une assistance tant à ces sociétés qu'aux États d'accueil afin de garantir que les sociétés en question ne contribuent pas à des atteintes aux droits de l'homme ou à des droits fonciers légitimes.