Les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-cinq ont accepté lors de leur sommet à Bruxelles, les 16 et 17 décembre d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Turquie début octobre 2005 après qu’une reconnaissance implicite de Chypre ait été acceptée par Ankara. Cette intégration ne pourra de toute façon pas avoir lieu avant 2014. Selon un diplomate turc, l’ouverture des pourparlers n’aurait en fait lieu que début 2006, le temps pour les experts de compléter l’examen de la compatibilité de la législation turque avec celle de l’UE.
Selon les conclusions adoptées par les Vingt-cinq, Ankara accepte d’étendre à l’ensemble des dix pays entrés dans l’Union le 1er mai dernier, dont Chypre, un accord d’association signé en 1963 entre la Turquie et la Communauté, ce qui revient à une reconnaissance de facto de la partie grecque de l’île même si dirigeants européens et turcs se sont refusés à le confirmer publiquement. La reconnaissance de Chypre est depuis trente ans un tabou pour la Turquie qui a envahi militairement le nord de l’île en 1974 en réponse à un coup d’État chypriote-grec destiné à rattacher l’île à la Grèce, avec le soutien de la junte alors au pouvoir à Athènes.
« La Pac continuera d’évoluer que la Turquie adhère ou non », selon M. Chirac
Interrogé par la presse à l’issue du sommet, le président français, Jacques Chirac a affirmé que « la Turquie participera à toutes les politiques communautaires » si elle adhère un jour à l’Union européenne, y compris la Pac. « Je ne vois pas du tout en quoi, d’ici 2014, et compte tenu de ce qu’est aujourd’hui l’évolution de la politique agricole commune et ses perspectives, il pourrait y avoir contradiction entre l’adhésion de la Turquie dans dix ou quinze ans et le développement d’une Pac qui s’adapte depuis quinze ans », a-t-il ajouté.
Selon le président français, « que la Turquie adhère ou non, la politique agricole commune continuera d’évoluer ».
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L’ancien commissaire à l’agriculture, Franz Fischler, avait estimé à l’approche du terme de son mandat que le poids de l’agriculture dans l’économie turque et son retard de développement par rapport au reste de l’Union ferait, si la PAC était maintenue en l’état, exploser les dépenses agricoles de l’UE.
Les conditions d’une adhésion turque définies dans les conclusions du sommet des 16 et 17 décembre incluent l’agriculture dans les domaines où pourraient s’appliquer de « longues périodes transitoires, des dérogations, des arrangements spécifiques ou des clauses de sauvegarde permanente ». Dans une allusion transparente à la Turquie, le texte ajoute que les négociations avec des candidats « dont l’adhésion pourrait avoir des conséquences financières importantes » ne pourraient se conclure « qu’après l’établissement du cadre financier pour la période débutant en 2014 et les réformes financières qui pourraient en découler ».