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L’UE et le Mercosur ont échangé leurs offres d’accès au marché, sans le bœuf et l’éthanol à ce stade

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Les négociateurs en chef de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur se rencontreront en juillet à Montevideo après l’échange d’offres d’accès au marché qui s’est déroulé le 11 mai, et dont les Européens ont exclu à ce stade la viande bovine et l’éthanol. Un changement insuffisant, dénoncent les organisations agricoles des Vingt-huit.

La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, et le ministre uruguayen des affaires étrangères, Rodolfo Nin Novoa, dont le pays assure la présidence du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, le Venezuela n’y participant qu’au titre d’observateur), ont procédé le 11 mai à Bruxelles à l’échange d’offres initiales d’accès au marché qui relance concrètement les pourparlers pour un accord de libre-échange entre l’UE et le bloc sud américain. L’exclusion de la viande bovine et de l’éthanol (1) de la liste des produits sensibles pour lesquels la Commission propose un contingent d’importation (2) a été, le même jour, jugée insuffisante par les organisations et coopératives agricoles des Vingt-huit (Copa-Cogeca), tandis que, selon le ministre belge de l’agriculture Willy Borsus, « il aurait été irresponsable, en cette période de crise extrêmement grave, d’inclure la viande bovine dans ces accords, avec des impacts sur les prix et alors que les trésoreries de nos agriculteurs sont déjà au plus bas ».

Les négociateurs en chef des deux parties, Rupert Schlegelmilch pour la Commission européenne qui représente l’UE et l’Uruguayen Gabriel Bellon pour le Mercosur, se rencontreront avant la pause de l’été, probablement en juillet à Montevideo, pour faire le point et préparer les prochains cycles de pourparlers, le premier devant se tenir en septembre.

« Seulement un point de départ »

Le mois dernier, la ministre argentine des affaires étrangères, Susana Malcorra, avait estimé que l’UE et le Mercosur se devaient de présenter des offres couvrant tous les secteurs sensibles, y compris agricoles, ces propositions étant par ailleurs « seulement un point de départ ».

« Comme on pouvait s’y attendre, personne n’est totalement satisfait », a réagi une source sud-américaine à l’issue de l’échange d’offres du 11 mai.

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« Nous sommes très conscients de la crise du secteur agricole », a déclaré pour sa part Cecilia Malmström, invitée par les parlementaires européens à s’exprimer sur la relance des négociations avec le bloc sud-américain, le 10 mai à Strasbourg. « Mais il faut avoir les bons chiffres », a nuancé la commissaire au commerce, évoquant un excédent commercial pour la viande porcine et les produits laitiers. « 60 % de nos importations agricoles depuis le Mercosur sont du soja et de la nourriture pour animaux, un accord de libre-échange supprimerait les droits de douane », a-t-elle soutenu.

Cecilia Malmström a également confirmé qu’une analyse d’impact des accords commerciaux existants ou en discussion sur le secteur agricole serait présentée à l’automne.

Elle au aussi fait valoir que, globalement, le Mercosur est « un marché très attrayant » mais « toujours sujet à d’importants droits et frais de douane ». Selon elle, les exportateurs européens paient 4 milliards € par an en droits de douane, « qui pourraient en gros être éliminés avec un (accord) ambitieux ».

(1) Voir n° 3545 du 09/05/16

(2) Voir n° 3542 18/04/16