Forte de la combinaison de l’augmentation des salaires et de l’évolution des préférences du consommateur, la consommation alimentaire au cours des deux dernières décennies a connu une croissance plus rapide que la population mondiale. Dans son étude publiée le 10 septembre, la Commission européenne met en évidence les principaux changements de consommation apparus à l’échelle mondiale, suite à ce retournement de tendance.
Une étude consacrée à la croissance de la consommation alimentaire mondiale et à l’évolution des préférences des consommateurs publiée par la Commission européenne le 10 septembre, montre que depuis deux décennies plusieurs grandes tendances ont conditionné l’architecture actuelle des marchés alimentaires à l’échelle mondiale. Moteur principal de la demande alimentaire, la croissance démographique (7,7 milliards de personnes en 2019) n’est pas le seul facteur contributif puisque la consommation par habitant augmente également à un rythme rapide. Sous l’impulsion du libre-échange, la consommation a même augmenté plus rapidement que la population au cours des deux dernières décennies. Une situation qui s’explique par deux évolutions principales, d’une part, une croissance des revenus qui permet la consommation en quantités plus importantes et de produits à forte valeur ajoutée et d’autre part, des changements dans les préférences des consommateurs. Celles-ci étant fonction des habitudes sociétales ainsi que des préoccupations en matière de santé et de facteurs émergents liés à l’environnement ou au changement climatique.
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Conséquence directe de la croissance des revenus dans les économies émergentes, l’étude montre une augmentation simultanée de la consommation de produits de plus grande valeur tels que la viande et les produits laitiers. En Amérique du Sud, leur consommation a atteint 150 kg par habitant alors qu’en Asie, elle atteindra 70 kg par habitant en 2020. Dans le même temps, les préoccupations sociétales et environnementales croissantes au sein des économies développées ont indubitablement influé sur les préférences des consommateurs, ce qui a entraîné au cours des trois dernières décennies une baisse notable de la consommation de viande rouge. Depuis, l’UE qui était importatrice nette, est devenue exportatrice nette. La réduction de l’offre intérieure pourrait rapprocher l’UE de l’autosuffisance d’ici 2020. Sous l’effet du secteur de l’élevage, l’UE n’a cessé au fil du temps d’augmenter sa consommation de blé, notamment dans l’alimentation animale. Aujourd’hui, l’UE est le deuxième utilisateur mondial avec environ 250 kg par habitant et l’un des principaux exportateurs de blé (20 %). Elle est également le premier importateur de maïs, avec près de 25 millions de tonnes de maïs importé en 2018-2019. Représentant 30 % du commerce mondial, l’UE est le principal marché de destination des tourteaux de soja. Néanmoins, ses besoins d’importation diminuent en raison de l’utilisation de sources alternatives telles que les céréales ou encore les légumineuses. Enfin, l’UE et l’Amérique du Nord restent les plus gros consommateurs de produits laitiers, avec environ 270 kg d’équivalent lait par habitant.