La Commission européenne et la présidence britannique de l’UE ont publié le 30 septembre une déclaration commune dans laquelle elles déclarent « partager les objectifs » de la récente initiative américaine en matière de lutte contre la grippe aviaire tout en insistant sur la nécessité de coopérer étroitement avec les organisations internationales (FAO, OIE et OMS).
«L’UE partage les objectifs de l’initiative américaine et est prête à collaborer étroitement pour assurer que des mesures de préparation et de prévention effectives et appropriées soient mises en œuvre (contre l’éventuelle pandémie de grippe aviaire). Pour cela, il sera essentiel d’assurer que notre travail soutient et ne dessert pas les actions en cours des institutions multilatérales », souligne le texte européen.
Mi-septembre, Washington avait appelé l’Union européenne à signer une déclaration conjointe établissant les principes de base d’un partenariat international. La Commission européenne et 12 États membres (France, Allemagne, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Portugal, Hongrie, Suède, Slovaquie, Finlande, Slovénie et Luxembourg) s’étaient opposés à ce projet, soulignant la priorité d’un soutien aux organisations internationales agissant à la source de l’épidémie de grippe aviaire.
Les responsables européens ont néanmoins accepté une invitation à une rencontre avec les autorités américaines sur le sujet, qui devait se tenir les 5 et 6 octobre à Washington.
Washington se mobilise
Le président américain George W. Bush a manifesté de nouveau son inquiétude sur les risques d’une pandémie de grippe aviaire en déclarant le 4 octobre que les Etats-Unis devaient s’y préparer en mettant en place des stratégies de quarantaine et de traitement. Il a indiqué envisager une modification législative lui permettant de mobiliser rapidement des militaires pour imposer le cas échéant l’isolement d’une région touchée.
Le Sénat américain a débloqué fin septembre 3,9 milliards de dollars pour constituer des stocks de vaccins et d’antiviraux et renforcer les moyens de détection du virus.
Un M. Grippe aviaire nommé par l’ONU
Les organisations des Nations unies se sont dotées le 30 septembre d’un coordinateur pour la lutte contre la grippe aviaire, en la personne de David Nabarro, signe supplémentaire de l’urgence d’une stratégie mondiale contre une pandémie chez l’homme qui pourrait faire jusqu’à 150 millions de morts. Médecin britannique, M. Nabarro est considéré comme l’un des principaux experts en matière de santé publique à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il s’est notamment engagé à travailler avec les gouvernements, les éleveurs de volaille et les communautés qui vivent au contact de ces animaux, particulièrement en Asie, pour tenter de mettre de la distance entre humains et volatiles.
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M. Nabarro a également indiqué qu’une attention particulière devra être prêtée à la migration d’oiseaux sauvages autour du monde.
L’ASEAN promet des efforts de prévention accrus
Les ministres de l’Agriculture de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) ont convenu le 30 septembre, lors d’une réunion aux Philippines, d’accentuer leurs efforts pour empêcher que l’épizootie de la grippe aviaire se mue en une pandémie à l’échelle planétaire. Les responsables ont sélectionné « huit domaines stratégiques sur une période de trois ans, de 2006 à 2008, afin de prévenir, contrôler et éradiquer la maladie », selon un communiqué commun diffusé à l’issue d’une réunion des dix pays membres tenue à Tagaytay, au sud de Manille. Les détails du plan d’action restent cependant rares, les ministres précisant simplement qu’une équipe malaisienne aura pour but de « formuler des plans d’action détaillés » et d’identifier des sources de financement.
« Les ministres ont convenu que (la grippe aviaire) nécessite un effort régional coordonné », selon le communiqué commun, qui promet une étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). » Les ministres se sont dits confiants que, avec un engagement politique et financier, la maladie peut être contrôlée dans la région », poursuit le texte.
La grippe aviaire, apparue fin 2003 en Asie, a tué depuis au moins 65 personnes et provoqué la mort de centaines de millions de volailles, par abattage ou des suites de la maladie.
L’Asean regroupe la Birmanie, Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.