Les États membres ont renforcé leur dispositif de lutte contre la propagation de la bactérie tueuse d’oliviers Xylella fastidiosa. La vigne n’a pas été retirée de la liste des plantes soumises à restriction, contrairement à ce que demandait l’Italie.
Les États membres de l’UE ont convenu, le 23 novembre, de renforcer les mesures existantes de lutte contre la propagation de Xylella fastidiosa, la bactérie qui affecte les oliviers dans la région des Pouilles dans le sud de l’Italie, en élargissant la liste des sous-espèces de plantes soumises à des restrictions.
De plus, les nouvelles mesures de l’UE prévoient la possibilité pour les autorités italiennes d’autoriser dans les Pouilles la plantation, à des fins scientifiques uniquement, de plantes hôtes dans des lieux bien définis de la zone de confinement afin d’évaluer la sensibilité de la vigne à cette bactérie. Dans un avis du 19 novembre, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) indiquent ne pas pouvoir exclure la possibilité que la vigne constitue une plante hôte potentielle de la souche de Xylella fastidiosa qui affecte les oliviers dans le sud de l’Italie, contrairement à ce qu’affirment les autorités italiennes (1). « Même si la vigne ne constitue pas l’un des hôtes principaux de la souche CoDiRO (présente en Italie) – et que les plantes n’y succombent apparemment pas, que ce soit sur le terrain ou en laboratoire –, il n’existe actuellement pas de preuve claire et univoque que la vigne ne pourrait pas agir comme source d’infection », soulignent-ils. À ce stade, la suppression de la vigne de la liste des espèces réglementées a donc été refusée.
La souche qui affecte des plantes ornementales en France (découverte en Corse, dans les Alpes maritimes et récemment dans le Var) ne s’attaque pas, elle, aux oliviers.
Sensibilisation et plans d’urgence
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Par ailleurs, la thermothérapie (traitement par l’eau chaude) a été reconnue comme une méthode efficace pour contrôler Xylella fastidiosa sur le matériel de multiplication de la vigne au sein et à l’extérieur des zones délimitées.
Enfin, les États membres se sont mis d’accord pour lancer des campagnes de sensibilisation pour le grand public, les voyageurs, les opérateurs professionnels et internationaux de transport sur la menace que constitue cette bactérie. Les Vingt-huit vont également préparer des plans d’urgence pour assurer une meilleure préparation en cas de flambées épidémiques potentielles.
Lors d’une réunion d’experts à Bruxelles, le 18 novembre, la direction générale de l’agriculture de la Commission a rappelé que 7 millions € étaient à disposition, dans le cadre du programme de l’UE Horizon 2020, pour financer des travaux de recherche sur Xylella fastidiosa.
(1) Voir n° 3517 du 26/10/2015