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Politique européenne L’UE se veut plus ambitieuse dans la promotion des produits agricoles

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Les ministres de l’agriculture de l’UE ont pour la plupart partagé l’idée qu’il faut plus d’ambition pour la politique communautaire de promotion des produits agricoles sur le marché intérieur et sur celui des pays tiers, lors d’une réunion informelle le 13 septembre à Wroclaw, dans le sud-ouest de la Pologne. Ils ont été nombreux à demander aussi une simplification de la mise en œuvre de cette politique. « Si on est ambitieux, notamment sur le budget de la promotion extérieure, je pense qu'on doit au moins doubler, voire tripler la disponibilité budgétaire pour la politique de promotion », a déclaré dans ce contexte Dacian Ciolos, le commissaire européen à l’agriculture. Cette enveloppe est actuellement de 53 millions d’euros par an (hors fruits et légumes et vins), contre 200 millions de dollars dépensés annuellement par les Etats-Unis.

«Je pense qu'on doit être prêt en 2014 avec de nouveaux instruments pour une politique de promotion agroalimentaire renforcée, à la fois sur le marché communautaire, mais surtout sur le marché extérieur », a déclaré le commissaire européen à l’agriculture à l’issue de la réunion informelle des Vingt-sept organisée par la présidence polonaise de l’UE. « Mais il est clair qu'on devra faire des choix dans les limites du budget que nous avons », a averti Dacian Ciolos.
Selon lui, « il faut non seulement revoir l'enveloppe globale, mais aussi la répartition de son affectation pour au moins atteindre 50 % du budget pour les actions visant l'exportation ».  
« Nous avons fait beaucoup d'efforts sur les secteurs du vin, des fruits et légumes ces dernières années. Il convient de consolider les acquis et de renforcer nos efforts pour ces filières », a poursuivi le commissaire européen. « Mais il y a aussi les autres filières pour lesquelles seuls 53 millions d'euros sont disponibles pour la promotion. C'est très peu, face à l'ampleur des défis à relever ».

Simplifier les procédures
Les discussions des Vingt-sept avaient pour base un questionnaire de la présidence polonaise de l’Union (1) et le « livre vert » sur la politique de promotion qui fait l’objet d’une consultation se terminant le 29 septembre (2). En attendant des propositions de la Commission européenne attendues en 2012. La plupart des ministres se sont prononcés en faveur du partage des rôles entre les Etats membres et la Commission, les premiers présélectionnant les programmes, la seconde finalisant et validant les projets. De nombreux intervenants ont insisté sur le besoin de simplifier les procédures de sélection et de mise en œuvre des programmes. L’Italie a évoqué la possibilité d’avoir une procédure spécifique d’urgence pour promouvoir des produits en crise (comme les fruits et légumes).

Valoriser l’échelon local et régional
Les ministres se sont montrés généralement satisfaits des règles actuelles de cofinancement des programmes de promotion : actuellement 50 % pour l’UE, jusqu’à 30 % pour l’Etat membre et jusqu’à 20 % pour les opérateurs. Certains ont cependant demandé une hausse du taux de la participation communautaire. C’est le cas, par exemple, de la France, lorsqu’il s’agit de produits très spécifiques (produits de qualité ou produits biologiques) ou de programmes présentés par plusieurs pays.
Pour les activités de promotion sur le marché mondial, le Royaume-Uni a préconisé une politique plus active auprès des pays émergeants. L’Espagne a demandé que des études de marché ciblées soient réalisées. De nombreux ministres ont insisté sur l’importance de valoriser l’échelon local et régional. Enfin, certains ont demandé que les actions de promotions couvrent d’autres produits : herbes médicinales (demande de la Roumanie), produits transformés de viande (plusieurs pays de l’Est, comme la Lettonie), roses (Bulgarie).

Les professionnels pour une « approche innovante »
Relevant que les campagnes de promotion sur les pays non européens étaient souvent sous-utilisées, le président de la Confédération générale de la coopération agricole de l’UE, Paolo Bruni, a estimé lui aussi que la gestion des programmes de promotion cofinancés par Bruxelles devait être rendue plus flexible. Membre d’une délégation de dirigeants des organisations professionnelles (Copa-Cogeca) qui a rencontré les ministres, M. Bruni a également jugé nécessaire « une approche innovante par rapport à l’étiquetage de l’origine du produit » et considéré que « les marques devraient pouvoir être utilisées dans certains cas ». Il a toutefois insisté sur le fait que la politique de promotion ne doit pas remplacer les autres outils de la Pac comme ceux réclamés pour répondre à la crise traversée par le secteur des fruits et légumes.
Pour sa part, le président du Conseil européen des jeunes agriculteurs (Ceja), Joris Baecke, a souligné, devant les ministres, que, « afin de promouvoir nos produits de haute qualité dans le futur, nous avons besoin non seulement d’une politique de promotion forte, mais aussi d’une Pac forte axée sur le renouvellement des générations, de façon à être sûrs que ces produits continuent d’être produits ».

(1) Voir n° 3315 du 12/09/11
(2) Voir n° 3310 du 18/07/11

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