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« Bœuf aux hormones » L’UE sur le point d’ouvrir son marché aux viandes sans hormones américaines

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Des discussions entre l’UE et les Etats-Unis sont en cours actuellement à l’OMC à Genève pour un accord sur un accès plus important des exportations de viandes sans hormones américaines sur le marché communautaire. Ces tractations font suite à l’annonce par les États-Unis de retarder jusqu’au 9 mai l’instauration de taxes sur une liste de produits européens, dont le roquefort français, en rétorsion contre la poursuite de l’interdiction de commercialisation de leur boeuf aux hormones sur le marché européen .

« Nous avons décidé le 24 avril que nos hauts fonctionnaires tiennent de nouvelles discussions avec les Etats-Unis en vue de trouver une solution négociée au différend de longue date sur la viande bovine traitée aux hormones. Les deux parties sont conscientes que c’est une question difficile qui affecte les entreprises et les consommateurs dans l’UE et aux États-Unis. Nous voulons surmonter ces difficultés, et nous pensons que la solution, qui est à portée de main, sera profitable aux deux parties ». Catherine Ashton, la commissaire européenne au commerce, se veut confiante dans la poursuite des contacts avec la nouvelle administration américaine en vue de faciliter les négociations en cours sur le dossier de la viande aux hormones. De son côté, Ron Kirk, son homologue américain, a indiqué que son pays a décidé de retarder les sanctions commerciales jusqu’au 9 mai « afin d’accorder un peu plus de temps pour négocier un règlement avec l’UE ». Celui-ci a précisé que « l’UE a fait preuve de beaucoup de sérieux dans ses efforts pour résoudre le problème, et deux semaines supplémentaires devraient être suffisantes pour déterminer si nous pouvons aborder les questions en suspens avec succès ». Manifestement la volonté des deux côtés de l’Atlantique d’arriver à un accord se précise même si dans l’entourage de Catherine Ashton on se montre un brin prudent en déclarant en privé que « si les deux parties sont très proches sur le principe d’un accord il n’y a pas de garantie quant au bouclage final du dossier ».

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Un deal en deux temps

Les discussions à l’OMC entre les représentants de l’UE et ceux des Etats-Unis à Genève (qui ont commencé le 27 avril et qui pourraient se prolonger dans les prochains jours) portent essentiellement sur l’accès au marché communautaire des viandes sans hormones américaines. Combien et à quelles conditions ? C’est là tout l’enjeu des tractations. Si des deux côtés rien ne filtre du contenu des discussions de Genève, Agra alimentation a appris de source communautaire qu’un deal potentiel serait en cours entre les deux parties. Celui-ci prévoit une résolution du conflit commercial en deux phases. Un premier projet-pilote de 3 ans viserait à éliminer la plus grande partie des sanctions américaines contre les divers produits européens ciblés, dont le roquefort. Une seconde phase, qui commencerait à partir de la 4 ème année, devrait éliminer le reste des sanctions potentielles américaines. Sanctions qui, rappelons-le, vont au-delà de notre roquefort et ses 300 % de taxes supplémentaires et portent sur toute une série de denrées dont les droits de douane s’élèveraient à 100 %: des viandes, des fruits et légumes, des champignons, des céréales, du chocolat, des châtaignes, des jus de fruits, des eaux minérales et des graisses. Vingt-six des 27 pays de l’Union sont ciblés, le Royaume-Uni seul étant épargné car il a toujours été favorable au boeuf aux hormones.