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Politique communautaire L’UE veut donner plus de cohérence à sa lutte contre les épizooties

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Dans le domaine de la santé animale, « l’Europe manque d’une politique commune clairement définie », a regretté le ministre de l’Agriculture finlandais Juha Korkeaoja, à l’ouverture d’une conférence de la présidence de l’UE sur ce thème, organisée à Bruxelles le 7 novembre. Pour mettre fin à cette situation, le commissaire Markos Kyprianou, chargé de la santé et de la protection des consommateurs, a confirmé son intention de présenter mi-2007 une nouvelle stratégie.

« Il faut que nous ayons un échange le plus franc possible sur les questions qui fâchent. L’Union européenne doit être plus compétitive au niveau international sans sacrifier ses normes d’élevage et la santé animale », a lancé Markos Kyprianou, le 7 novembre, lors d’une intervention devant près de 350 diplomates, fonctionnaires et représentants des filières animales réunis à Bruxelles à l’occasion d’une conférence sur la santé animale. Cet événement a permis à la Commission de Bruxelles de tester des premières pistes pour la réforme de la politique de santé animale prévue mi-2007, par le biais d’une étude réalisée pour son compte par un cabinet d’experts Voir n°3079 du 06/11/06. Et notamment l’idée de mettre à contribution les éleveurs pour financer les aides d’urgences versées aux exploitations au moment des crises vétérinaires.

« Nécessaire de revoir la copie »

Jusqu’à aujourd’hui, les moyens mis en œuvre par l’UE pour lutter contre les épizooties « ont répondu à l’objectif, mais il est nécessaire de revoir la copie », juge le commissaire. Et de citer plusieurs raisons à cela : le changement climatique qui crée « de nouvelles menaces » ou encore l’augmentation du volume des échanges. Selon le ministre finlandais de l’agriculture Juha Korkeaoja, l’Europe doit aussi tout simplement mettre un peu d’ordre : « La politique actuelle est une succession d’actions politiques prises en réaction à de graves crises. Il en résulte une complexité législative énorme contenue dans plus de 600 règlements ou directives. Même si le domaine est particulièrement complexe, tout cela est-il nécessaire ? », s’est interrogé le ministre.

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« Ne pas remettre en cause le fonds vétérinaire »

Face à la multiplication des messages en faveur de politiques de prévention plus fortes, qui pourraient aussi conduire à une réduction des aides d’urgences, le président des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa et Cogeca) a souligné qu’« il a toujours été naturel pour les éleveurs d’assurer le bien-être de leurs animaux (...) et de faire en sorte d’instaurer des conditions adéquates pour leur santé ». Les professionnels appellent de leurs vœux une simplification de la réglementation communautaire mais « l’existence du fonds vétérinaire européen actuel ne doit pas être remise en question, pas plus que l’équilibre entre le cofinancement communautaire et national des mesures de santé animale », a-t-il plaidé. De son côté, Bernard Vallat, le directeur général de l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE), a appelé l’Europe, de façon implicite, dans une contribution écrite remise pour cette conférence, à renforcer son mécanisme de surveillance de la santé animale et à améliorer la collaboration entre les différents acteurs, y compris dans le secteur privé. « Si un État membre échoue, tous peuvent être infectés », prévient-il.