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Marges alimentaires L’UFC épingle une « cagnotte » empochée par les industriels et les enseignes

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L’UFC Que choisir épingle une « cagnotte » qu’auraient empochée les industriels de l’agroalimentaire et les enseignes de distribution, profitant de la volatilité accrue des prix alimentaires. Dans un point presse tenu le 25 janvier, l’organisation de consommateurs demande que le nouvel observatoire des prix et des marges fasse la lumière sur les « causes réelles » de l’augmentation des marges des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs.

Lors d’un point presse organisé le 25 janvier par l’association de consommateurs UFC Que Choisir, son président Alain Bazot a affirmé que depuis 2000, les industriels et les grandes enseignes de distribution auraient gonflé leurs marges brutes de 1,6 milliard d’euros pour le lait UHT demi-écrémé et de 7,7 milliards pour le poulet. Cela en profitant d’une « opportunité » qui n’existait pas dans les années 1990 : les fluctuations de prix des matières premières alimentaires se sont accentuées depuis l’abandon des mécanismes régulateurs de la Pac.

Identifier les « causes réelles »
A en croire Alain Bazot, industriels et distributeurs jouent sur « l’effet cliquet » : hausses des prix « sur-répercutées » et baisse des prix « faiblement » ou « insuffisamment » répercutées. Ils ont notamment accru leurs marges au moment de la chute des cours des produits agricoles en 2008 et 2009, d’après l’UFC Que Choisir. Ainsi, en 2000 l’écart entre le prix du lait au producteur et celui en rayon est passé de 28 centimes par litre en 2000 à 38 centimes en 2010. Pour le poulet, cet écart est passé de 1,84 euro par kilo en 2000 à 3,62 euros en 2010, d’après les calculs de l’association.
L’UFC conteste l’interprétation du président de l’observatoire Philippe Chalmin, selon laquelle les augmentations de marges des intermédiaires (industrie et commerce) servent essentiellement à couvrir les hausses de charges apparues depuis 2000, comme la traçabilité et les contraintes d’hygiène renforcées. Alain Bazot demande que les « causes réelles » soient identifiées. « Nous attendons de l’observatoire qu’il ne reste pas dans des estimations générales comme la marge brute d’un bovin, mais qu’il nous détaille comment se construit le prix des morceaux nobles (faux filet, rumsteak) et celui des bas morceaux », a précisé Olivier Andrault, chargé de mission « alimentation » à l’UFC.

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