Abonné

Elevage L’UGPVB en guerre contre les zones d’excédent structurel

- - 3 min

Compétitivité, environnement et PAC étaient au menu de l’assemblée générale de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB) qui veut s’inscrire dans « un monde durable ». L’UGPVB demande une simplification des procédures de regroupement d’exploitations et part en guerre contre les zones d’excédent structurel (ZES).

L’UGPVB sera-t-elle entendue ? En assemblée générale, vendredi 2 décembre à Pontivy, le représentant de 27 organisations de producteurs rassemblant 14 000 éleveurs de porcs, de bovins viande et de poules pondeuses en Bretagne a appelé les pouvoirs publics à « mettre fin au carcan administratif des ZES (zones d’excédents structurels, NDLR) », pour faciliter la restructuration des élevages. Jusqu’à présent, l’UGPVB n’avait pas été entendue. Cette fois-ci pourrait être la bonne. En septembre au Space, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire avait promis une révision de la réglementation ZES pour le printemps prochain. Un projet est actuellement en discussion avec les professionnels. Mais le contexte sociétal a bien changé. Avec la cristallisation d’une partie de la population autour du dossier des algues vertes, il y a fort à parier que toute modification réglementaire donnant un peu plus de liberté aux éleveurs sera utilisée par leurs détracteurs. « Le feuilleton récent sur le décret nitrates est éloquent » de ce point de vue, souligne Michel Bloc’h, président de l’UGPVB.

Le combat sur le bien être

L’Union sera-t-elle davantage entendue au sujet de la directive bien-être pour les truies gestantes? Elle réclame un délai supplémentaire à Bruxelles au-delà de la date du 1er janvier 2013 pour que les éleveurs puissent mettre aux normes leurs bâtiments. « Il faut être pragmatique, la quasi-totalité des pays européens sont en retard à cause de la crise », souligne Henri de Thoré, en charge du bien-être à l’UGPVB. Si les éleveurs français de poules pondeuses ont pratiquement tous pu se mettre aux normes, c’est parce qu’ils en avaient la capacité financière. A « l’Europe de regarder la réalité (...) en face » et de « prendre en considération les capacités financières actuelles des éleveurs de porcs », en crise depuis quatre ans, souligne l’Union. Enfin, l’Europe écoutera-t-elle l’UGPVB qui veut le maintien d’une Pac ambitieuse pour la Bretagne, avec des outils d’intervention sur le marché (stockage privé, restitutions) et des niveaux d’aide équivalents ? Sans cela, certaines productions pourraient chuter. A ce sujet, le président de la section bovine de l’Union, Philippe Dagorne, a donné un exemple saisissant. « Dans une exploitation bretonne naisseur engraisseur avec 70 vaches allaitantes pour 1,2 unité de main-d’œuvre, les aides représentent 1,5 fois le revenu disponible qui s’établit à environ 21 000 €. Un arrêt des soutiens signera sans nul doute la baisse de la production en France et en Bretagne .»
L’UGPVB plaide également pour que les OP porcines puissent constituer une AOP sans transfert de propriété qui permettrait de mutualiser l’offre, en particulier en période d’invendus sur le marché. Enfin, l’UGPVB a bien l’intention de se faire entendre et voir, en 2012 – cette fois-ci sans rien demander à personne –, « pour redonner de la fierté aux paysans et aux Bretons ». Avec les coopératives, l’industrie agroalimentaire (patrons et salariés), l’Union mettra sur pied une structure qui portera dans la durée « un plan de communication collectif pour l’agriculture bretonne ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.