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Produits phytosanitaires L’UIPP répond aux attaques médiatiques contre les pesticides

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Après une série de reportages et de films concernant les effets néfastes des produits phytosanitaires sur leurs utilisateurs, les consommateurs et l’environnement, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) a tenu à défendre sa profession lors d’une conférence de presse organisée le 10 mars à Paris. Les avancées techniques et scientifiques des producteurs de pesticides ont ainsi été mises en avant, et le point a été fait sur les procédures d’utilisation de ces produits.

«Des questions légitimes sur l’évaluation et la mise en marché des produits, la santé des consommateurs et des agriculteurs, ainsi que sur les effets des cocktails de résidus de produits de protection des plantes, sont aujourd’hui posées », a déclaré Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP, lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 10 mars. C’est en réponse à une série d’attaques subies par le monde agricole et ses fournisseurs, une semaine avant le Salon de l’agriculture au travers de différents médias, que l’UIPP s’est mobilisée.

Les réglementations ont fait évoluer les pratiques des industriels
« Avant 1965, on disposait de peu d’études sur la toxicité des produits. Puis de 1965 à 1993, une demande croissante de connaissances sur les effets des produits phytosanitaires au niveau de la santé et de l’environnement a vu le jour », a rappelé Jean-Charles Bocquet. Il poursuit : « De 1993 à 2001, la directive européenne 91-414 a guidé les recherches concernant la mise en marché des produits. Et, à partir de 2009, le règlement 1107/2009 a durci les règles afin d’éviter les résidus de pesticides dans la nature et les effets endocriniens ». Résultat, sur mille substances actives disponibles en Europe au début des années 90, 74% ne sont plus sur le marché aujourd’hui. « A chaque évolution des réglementations, les molécules sont réévaluées », a indiqué Jean-Charles Bocquet. De plus, selon lui, les pratiques agricoles ont changé grâce au raisonnement des apports en agriculture, à la prévention des risques et à la récupération des emballages. D’ailleurs, le directeur général de l’UIPP a indiqué que 10% des budgets des firmes de phytosanitaires sont consacrés à la recherche et au développement permettant de mieux raisonner les apports grâce aux outils d’aide à la décision.

Les améliorations doivent cependant se poursuivre
Si, depuis 2001, l’UIPP a constaté une baisse de 36% des volumes de produits phytosanitaires utilisés, a formé 15 000 stagiaires dans son école des bonnes pratiques depuis 2005, et a participé de novembre 2009 à décembre 2010, à former plus de 5 000 personnes au Certiphyto, des problèmes subsistent. En effet, lorsque Jean-Charles Bocquet explique que la durée de vie des agriculteurs est plus élevée que la moyenne des Français, et que leur taux de cancer n’est pas plus élevé que la moyenne, il reconnaît cependant que certaines pathologies sont plus fréquentes dans ces populations. Ainsi, les maladies de Parkinson, les tumeurs cérébrales, les cancers de la prostate et quelques autres seraient tout de même plus fréquemment observés chez les agriculteurs que sur le reste de la population française. Pour Jean-Charles Bocquet, il est souhaitable pour remédier à cette situation de poursuivre la sensibilisation sur la prévention des pratiques à risque lors de l’utilisation de ces produits. A titre d’exemple, il explique que seulement 52,8% des applicateurs de produits phytosanitaires utilisent des gants, ce qui laisse une marge de manœuvre dans l’amélioration des pratiques liées à l’utilisation de ces substances.

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