Rappel à l’ordre le 15 juin de Mariann Fischer Boel, commissaire européenne à l’agriculture en visite à Kiev : « Je ne voudrais pas que les discussions en cours sur la mise en place d’un “pool céréalier” posent un quelconque problème à mon ami M. Melnyk dans le cadre du processus de négociation avec l’Union européenne ». Depuis le sommet sur les céréales qui s’est tenu les 6 et 7 juin à Saint-Petersbourg, l’Ukraine, le Kazakhstan et la Russie réfléchissent officiellement à la façon de mettre en commun leur force pour peser davantage sur le marché international des céréales. Pourquoi pas ? Sauf que l’Ukraine adhère depuis le 16 mai 2008 à l’OMC (Organisation mondiale du commerce), ce qui lui vaut de devoir respecter un certain nombre de règles que ne sont pas tenus de suivre des non-adhérents comme le Kazakhstan et la Russie.
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Un nouveau statut pas forcément évident pour ce pays forcé de trouver un modus vivendi avec ces deux très différents voisins que sont l’Union européenne et la Russie. « Notre grand regret, en négociant les modalités de notre adhésion à l’OMC, a été que nos partenaires ne nous ont pas permis de garder des règles de régulation de nos marchés y compris dans le domaine des céréales, a souligné Yuri Melnyk en entretien avec la presse agricole française le 12 mai. Nous n’avons pas la possibilité d’établir un droit de douane supplémentaire à l’export ». Rappelons qu’en 2007 et en 2008, en pleine période de crise alimentaire mondiale, l’Ukraine avait mis en place des quotas à l’exportation de céréales pour protéger son marché intérieur… Au grand dam des entreprises étrangères installées sur place. « J’ai vu des gens de notre section négoce ne rien pouvoir faire pendant onze mois du fait de l’embargo », se souvient Dominique Dupont, chez les malteries Soufflet.