Les fabricants français de produits laitiers frais, au sortir de deux années d'activité en retrait, ont mieux résisté l'an dernier et leur syndicat, Syndifrais, se sent conforté dans ses actions collectives de défense et illustration de ce rayon. Réalisant 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, ils ont vendu 3,1 millions de tonnes l'an dernier, soit 1,4 % de plus qu'en 2005, mais avec un développement plus rapide (+3 %) à l'exportation.
Les industriels ont vendu 3,1 millions de tonnes de produits frais en 2006, soit 1,4 % de plus que l'année précédente, ce qui constitue un léger mieux par rapport à la quasi-stagnation des années 2004 et 2005. L'activité reste difficile sur le marché intérieur et a été tirée par l'exportation : celle-ci, à destination des marchés les plus proches, au potentiel a priori prometteur (voir encadré), a cessé d'être marginale et approche les 480 000 tonnes, en hausse l'an dernier de 3 %. Les yaourts et laits fermentés, le plus gros poste (244 000 t), sont seuls responsables de cette croissance (+8,8 %) alors que sont en recul les exportations de fromages frais (-3,9 %) et celles des desserts (-2,8 %).
Les achats des ménages sont restés plats en volume pour la troisième année consécutive, avec une érosion globale de -0,2 % malgré une bonne résistance des yaourts (+0,7 %), et un développement des crèmes UHT (+1,7 %), mais toutes les autres catégories perdent du terrain : crème fraîche -2,9 %, fromages frais -2,4 %, et desserts -0,2 %. Dans le même temps, le nombre de références en linéaire des hyper et supermarchés a continué de croître en yaourts et en fromages frais mais a encore diminué en desserts.
En valeur, ces achats sont à nouveau en repli de -0,8 %, signe d'une pression forte sur les prix, que l'Insee estime en baisse de 1,2 % pour les yaourts et les desserts au sein d'un poste alimentation en hausse de 1,3 %. Il faut dire que les prix moyens en hypers et supermarchés (qui assurent 81 % des ventes de PLF) ont été en baisse, par exemple sur les yaourts de 2,2 % et sur les desserts de 2,5 %.
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Léger regain des marques
Ce qui est plus nouveau, c'est qu'en 2006 les évolutions se sont nettement inversées entre les différents types de marques et les ventes du hard discount : analysée sur sept adhérents de Syndifrais, l'inflexion est très visible surtout sur les yaourts puisque les marques de fabricants, en recul de 8,8 % en 2005 ont regagné 3,9 % en 2006 quand les premiers prix, qui faisaient un bond de près de 36 %, ont perdu 4,7 %, et le hard discount, qui progressait de 11,2 %, a rechuté de 5 %.
Autres faits marquants, les lancements de produits nouveaux, dont le rythme s'accélérait depuis quatre ans, pour atteindre la centaine en 2005, ont diminué de 20 % l'an dernier, et ceci dans toutes les familles de produits. De même - et ceci tient sans doute aussi au resserrement des marges - la contraction des dépenses publicitaires amorcée dès 2005 s'est encore accentuée, ramenant les budgets totaux de la profession à 229 M EUR contre 386 M deux ans plus tôt.