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Négociants en vin L'UMVin pour un pilotage des volumes de vin par les interprofessions

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Lors d'une conférence de presse organisée le 13 mai, l'UMVin, l'Union des maisons et marques de vin, a lancé un appel à la filière viticole, pour un pilotage des volumes de vin par les interprofessions. Les négociants espèrent ainsi, dans les interprofessions, peser davantage dans le réglage des volumes et des prix.

La veille de la discussion, le 14 mai, du plan stratégique de la filière viticole à FranceAgriMer, l'UMVin a jeté un pavé dans la mare en appelant la filière viticole à piloter les volumes de vin et les prix par les interprofessions. Pour l'instant les niveaux de production, de rendement, et de qualité sont gérés par les ODG, les organismes de défense et de gestion, autrement dit les syndicats d'appellations. Le négoce voudrait remettre en cause cette gouvernance. Sa demande, récurrente, d'accorder plus de poids aux interprofessions, dans lesquelles il aurait plus d'influence, a été renouvelée par une prise de position de Michel Chapoutier, président de l'UMVin, le 13 mai lors d'une conférence de presse.

La politique de l'offre accusée de faire monter les prix

Michel Chapoutier s'en est pris à la gouvernance de la filière viticole par les producteurs, la rendant responsable du recul du vignoble français, par une gestion avant tout « patrimoniale » et qui ne part pas des évolutions de la demande mondiale. « La filière viticole est en danger. Si nous ne changeons pas d'approche, nous allons dans le mur », a-t-il avancé. Et de décrire une situation préoccupante : en 12 ans, le vignoble a reculé de 14% en surface et de 22% en volume et la part de la France sur le marché mondial a chuté de 50% depuis 30 ans.

Pour les négociants en vin, il est temps de piloter la production à partir des marchés, « du verre à la vigne », alors que c'est l'inverse qui est fait, a dénoncé Michel Chapoutier. Le président de l'UMVin a dénoncé un système qui, selon lui, fige les plantations pour faire grimper les prix, jusqu'au moment où les consommateurs se détournent du produits français, entraînant une surproduction.

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« Nous appelons à agir » pour que la filière se fixe un objectif conquérant sur les marchés mondiaux, a déclaré Michel Chapoutier. Une stratégie de structuration de la filière, s'opposant au déclin, doit être mise en œuvre. Pour que, par exemple, la France se dote aussi d'un vignoble de vins sans indications géographiques, afin de répondre à la demande mondiale autant qu'intérieure (de plus en plus couverte par les importations venant d'Espagne).

Les négociants estiment que les metteurs en marché qu'ils sont devraient être davantage parties prenantes au pilotage des volumes et des prix. Ils demandent que les interprofessions régionales aient davantage de latitude pour gérer ces paramètres quantitatifs, et que les appellations se concentrent sur les critères de qualité.

Enfin l'UMVin demande que les aides à l'exportation soient davantage versées aux entreprises confirmées sur les marchés extérieurs, et moins aux « primo-exportateurs », jugeant ces aides trop souvent « inefficaces ».