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Pesticides L’Unaf n’est pas satisfaite du plan abeille

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Pour l’Unaf, le plan abeille n’est pas suffisant si les pesticides de la famille des néonicotinoïdes ne sont pas définitivement retirés du marché et ce, pour toutes les cultures. Le syndicat de l’apiculture pointe d’autres limites du plan abeille présenté par Stéphane Le Foll le 8 février.

L’Unaf, l’Union nationale de l’apiculture française, a adressé, le 12 février, une lettre ouverte à Stéphane Le Foll en réaction à la présentation du plan « de développement durable de l’apiculture 2013-2015 », par le ministre, le 8 février. Il est jugé « insuffisant s’il se limite à un plan économique », selon les mots de Sophie Duguet, vice-présidente du syndicat. Car pour l’Unaf, la question n° 1 reste le retrait de l’ensemble des pesticides de la famille des néonicotinoïdes sur l’ensemble des cultures. Sur ce plan, le syndicat juge que la position ministérielle manque de volonté politique et constitue un pas en arrière par rapport au retrait du Cruiser sur Colza annoncé en juin 2012. « Jeter 40 millions d’euros par la fenêtre, sans retirer ces pesticides, pour nous, ça ne correspond pas à une saine gestion de l’argent public », a déploré Olivier Belval, qui s’interroge aussi sur la réalité des 40 millions d’euros de financements annoncés pour le plan. Il disait ne pas savoir si ce montant viendra en supplément d’un montant aujourd’hui quasi équivalent disponible pour l’apiculture. Quoi qu’il en soit, « les apiculteurs ne veulent pas être sous perfusion, mais continuer à vivre des produits de la ruche », a renchérit Sophie Duguet.
Le plan abeilles, par ailleurs, repose sur des chiffres erronés, déplore l’Unaf, qui estime à 70 000 le nombre d’apiculteurs aujourd’hui en France, alors que le ministère en compte 40 000. L’Unaf rappelle que la complexification du système de déclaration rend peu fiable le recensement des apiculteurs, certains producteurs renonçant à déclarer leur activité.

OGM : la directive miel en suspens

L’une des préoccupations de l’Unaf reste la réflexion en cours à la Commission européenne sur une possible modification de la directive miel, en réponse à un arrêt de la Cour de justice européenne en septembre 2011 sur la contamination d’un miel par du pollen d’une plante génétiquement modifiée. La Commission envisage en effet que le pollen contenu dans le miel ne soit plus considéré comme un ingrédient, mais comme un constituant du miel. Une modification qui pourrait être adoptée « avant la fin du mois », redoute l’Unaf. Pour le syndicat, la Commission tente un « passage en force ». Pour mémoire, l’arrêt de la Cour de justice européenne, envers l’apiculteur dont le miel était contaminé par du pollen OGM avait conclu que ce miel ne pouvait pas être commercialisé sans une mention précisant qu’il contient des OGM. Si le pollen devenait un constituant du miel, l’étiquetage ne serait plus obligatoire et « le consommateur ne pourrait plus savoir s’il mange des OGM ou non », déplore Olivier Belval. L’Unaf plaide pour un étiquetage « sans OGM » ou « OGM » selon les miels, et pour le maintien de la définition du pollen comme ingrédient du miel. Derrière cette question, c’est celle de la coexistence entre OGM et non OGM qui se pose. Pour l’Unaf, la coexistence entre apiculture et OGM est impossible sans contamination du miel. La décision de la Commission de modifier la directive miel « risque de nous priver d’être fort pour imposer des mesures de coexistence favorables à l’abeille », a souligné Jena-Marie Sirvins, vice-président de l’Unaf.

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