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L’UNPT prête à proposer un produit écologique et compétitif

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Face aux attentes de la distribution et des industriels d’une pomme de terre « écologique et compétitive », les producteurs sont prêts à s’engager, a indiqué le 5 janvier le président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), Arnaud Delacour. Sur ce sujet, qui sera le thème du congrès de l’UNPT le 24 janvier, les producteurs veulent bien répondre au défi, « mais pas tous seuls ».

Le thème du congrès de l’UNPT, qui se tiendra le 24 janvier à Paris, est ainsi libellé « Une pomme de terre écologique et compétitive, oui, mais à quel prix ? ». Les producteurs veulent bien répondre au défi, « mais pas tous seuls », a déclaré Arnaud Delacour. « Il faut que cette évolution soit soutenue », si les cahiers des charges deviennent plus contraignants, notamment en termes d’épandages d’intrants et de variétés de pommes de terre plus résistantes aux maladies, tout en correspondant au consommateur, a ajouté Alain Dequeker, secrétaire général de l’UNPT. Ce double défi nécessite des accompagnements et peut passer par une élévation du prix au consommateur, a évoqué le président de l’UNPT. Pourtant, « nous devons concilier les deux objectifs. Les industriels nous demandent d’être compétitifs », a fait remarquer Martin Mascré, directeur de l’UNPT. Le débat du 24 janvier devrait apporter des réponses à ce dilemme. Généralement les congrès de l’UNPT se tiennent en régions de production. Mais le choix de Paris a été retenu cette fois-ci pour être plus proche des candidats à l’élection présidentielle à interpeller, a indiqué Arnaud Delacour.

En développement, le marché de l’industrie, à développer, celui de la primeur

Les réponses sont d’autant plus attendues que des producteurs de lait et de céréales, embourbés dans leurs difficultés de marché, envisagent de produire des pommes de terre. L’UNPT rappelle le naufrage évité du marché de la pomme de terre du fait d’une récolte 2016 moins surabondante que l’augmentation des surfaces (+ 5,3 % par rapport à 2015) ne le laissait penser. Le mot d’ordre reste : « Ne produisez que pour un marché identifié », a rappelé Arnaud Delacour. Les marchés de la pomme de terre sont multiples : le plant, la pomme de terre de conservation (pour la consommation en l’état par les particuliers), menacé par l’encombrement, la pomme de terre d’industrie alimentaire pour la frite, la purée et autres flocons – plus dynamique grâce à d’importantes capacités de transformation en Belgique –, la fécule (pour diverses utilisations de l’amidon en alimentation et dans la papeterie) et la pomme de terre primeur.

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Quant à celui de la primeur, il fait l’objet des attentions de l’UNPT, car la forte notoriété de la primeur et son image qualitative, tirent le marché de toute la production. La section « primeurs » de l’UNPT, présidée par André Mainguy, producteur en Bretagne, cherche à produire de la primeur plus précoce afin de faire du marché la locomotive de la campagne de commercialisation de la pomme de terre destinée aux particuliers. Des actions sont en cours pour cela, a précisé André Mainguy. Cependant, l’exiguïté du segment de la primeur fait craindre son encombrement si tous les producteurs se mettaient à cultiver à l’unisson. En tout état de cause, ce secteur manque de plants pour de la primeur précoce et il faut en importer, selon André Mainguy. Un appel à en produire plus. Le marché du plant a d’ailleurs un potentiel de développement, dans le sillage du segment de la pomme de terre d’industrie. Pour 10 hectares de pommes de terre d’industrie supplémentaires, il faut un hectare de plants en plus, a précisé Alain Dequeker.

Faire du marché de la primeur la locomotive de la campagne de commercialisation de la pomme de terre destinée aux particuliers