La Commission européenne a autorisé 36 départements supplémentaires à utiliser les terres agricoles en jachère pour nourrir le bétail. Quarante-et-un départements avaient déjà obtenu ce feu vert en avril, ce qui porte à 77 le nombre total de départements concernés.
L’annonce était fortement attendue et elle a été confirmée le 30 juin en fin de journée. La Commission européenne a autorisé 36 départements supplémentaires à utiliser les parcelles agricoles mises en jachère en 2005, afin de minimiser les effets de la sécheresse sur l’élevage. Les agriculteurs de ces départements peuvent légalement utiliser les herbages des terres en jachère pour nourrir leurs animaux ou reconstituer leurs stocks de fourrage Pour souci de simplicité, voici la liste des départements qui NE SONT PAS AUTORISÉS à utiliser les terres en jachères : Allier, Puy-de-Dôme, Loire, Rhône, Saône-et-Loire, Ain, Jura, Doubs, Haute-Saône, Territoire de Belfort, Manche, Calvados, Seine-Maritime, Pas-de-Calais, Nord, Seine-St-Denis, Haute-Corse, Basse-Corse.. Le ministère de l’Agriculture s’est félicité de cette annonce, alors que les demandes se faisaient plus pressantes depuis quelques jours, à l’image du courrier adressé le 24 juin par le président de la Chambre d’agriculture du Finistère Jacques Jaouen. Dans une lettre adressée au ministre de l’Agriculture, le représentant agricole breton avait sollicité une « dérogation exceptionnelle » pour utiliser les parcelles en jachère.
Développer des réserves d’eau
Lundi 27 juin, le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau était venu rappeler que l’été risquait d’être « très difficile », lors d’une visite aux organisations professionnelles agricoles du Tarn-et-Garonne. « Au-delà de l’été, il va falloir mener une réflexion politique rapidement sur la gestion de l’eau, qu’il s’agisse de développer les réserves d’eau de substitution ou d’avoir recours à des cultures consommant moins d’eau », avait ajouté le ministre. Deux jours plus tard, sur Europe 1, Dominique Bussereau avait à nouveau abordé le sujet, expliquant qu’il fallait « se donner les moyens d’avoir plus d’eau ». Et de proposer notamment de développer la construction de « réserves de substitution». « Sans faire de grands barrages coûteux, avait-t-il expliqué, on peut faire des réserves de substitution », un bassin de retenue d’eau entre deux collines qui « serait utile à l’exploitant agricole et participerait au paysage ».
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Limitation d’eau dans 39 départements
Pour l’heure, 39 départements sont concernés par, au moins, un arrêté préfectoral limitant certains usages de l’eau. Les pouvoirs publics estiment que le travail de sensibilisation en direction des agriculteurs a contribué à la réduction de 8% des surfaces de maïs irrigué au profit de cultures moins exigeantes en eau.
La situation demeure néanmoins tendue sur plusieurs zones du territoire, au premier rang desquelles la façade Atlantique. Les régions Poitou-Charentes, Pays de Loire, Bretagne, Gironde et Landes connaissent un déficit pluviométrique depuis septembre 2004. Les Deux-Sèvres, la Charente-Maritime et l’Oise sont dans une situation qualifiée de « préoccupante » par le ministère de l’Ecologie.