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Lutte contre le réchauffement climatique : l’atout majeur du puits de carbone

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Si l’agriculture émet des gaz à effet de serre, elle possède aussi l’atout majeur du puits de carbone, ont souligné le 29 septembre les éditions Quae, en présentant leur ouvrage sur « Le changement climatique ». « Il existe un formidable potentiel (de solution au réchauffement) dans la restauration des sols dégradés, qui permettrait d’augmenter la fertilité et de stocker le carbone » au sein de la matière organique, a estimé en conférence de presse le conseiller scientifique du livre, Jean-François Soussana (Inra). La moitié des sols seraient dégradés, d’après lui. « On constate une baisse de 50 % du stock initial de matière organique dans le sol, conséquence notamment de l’agriculture intensive (labour, sols à nu…) », a-t-il dit. L’ouvrage, auquel 13 scientifiques ont contribué, propose de « recréer le piège à carbone » par exemple en cessant de labourer tous les ans, en maintenant les prairies, en mettant de l’herbe entre les plants de vignes ou les arbres fruitiers.

Agriculture de conservation

Appelant à « réinvestir dans les sols », Jean-François Soussana a proposé de mettre en place des crédits carbone de 20 dollars/t de CO2 pour les cultures, de 50 à 70 dollars/t de CO2 pour les prairies. L’apport de matière organique dans le sol passe, selon lui, par l’agriculture de conservation et tout particulièrement une couverture végétale permanente.

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« Des techniques de conservation des sols et de stockage de carbone existent, souligne le livre. Si un programme mondial exigeant débutait dès 2016, il se traduirait par un « pic de séquestration » du carbone dans les années 2030-40 et par une augmentation significative de la production de matière organique végétale (biomasse), issue de la photosynthèse. Ce programme amortirait la croissance atmosphérique du CO2 pendant plusieurs décennies, restaurerait la matière organique des sols et augmenterait les potentiels de production alimentaire et de production de biomasse pour la bioénergie, tout en favorisant l’adaptation au changement climatique. »

Autre alternative mise en avant, l’agroforesterie. L’ouvrage considère un réchauffement du globe de 4 °, « scénario du pire » dans lequel Jean-François Soussana imagine une transformation du paysage agricole avec « une diversité accrue ». « Miser sur plus d’espèces cultivées, jouer sur les effets d’associations de cultures permet de réduire les risques » vis-à-vis du climat, a-t-il souligné.

JCD