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Marketing > M.-E. Leclerc publie une étude pour (apparemment) dénoncer la loi Galland

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Les prix ont-ils (trop) augmenté ? Qui en est responsable ? En publiant une étude commandée au BIPE sur le « pouvoir d'achat effectif du consommateur », qui contredit l'indice de l'Insee et conclut à une baisse du revenu disponible des ménages, Michel-Edouard Leclerc montre une nouvelle fois qu'il ne renonce pas à battre en brèche la loi Galland. Tel est le thème de la nouvelle campagne publicitaire du groupement d'indépendants.

Communiquez, communiquez, il en restera toujours quelque chose !… Michel-Edouard Leclerc vient de lancer une nouvelle campagne publicitaire, relayée par l'ensemble des médias, dans le style qui est le sien. Même si les prémisses de son argumentation peuvent sembler ne pas concerner la grande distribution, la conclusion qu'on devra en tirer vont dans son sens. Le thème commence à être bien rodé, Leclerc voudrait être moins cher, mais la loi l'en empêche. En lançant sa nouvelle campagne publicitaire, présentée à un petit groupe de journalistes qui l'ont déjà relayée dans les colonnes de la presse économique et spécialisée, Michel-Edouard Leclerc a entrepris de démontrer que le pouvoir d'achat des Français a diminué au cours des dernières années. Pour argumenter son propos, il a commandé une étude au Bureau d'informations et de prévisions économiques (BIPE), dont les conclusions diffèrent de celles de l'indicateur « de niveau de vie » de l'Insee.

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Autre planète

Selon le BIPE, sur la période 1990-2002, l'étude met en évidence « une hausse du pouvoir d'achat effectif du consommateur moins forte pour toutes les classes de revenu que celle calculée par l'Insee ». Pour 2003, le BIPE conclut même à une baisse de l'indice d'ensemble « du pouvoir d'achat effectif du consommateur » avec -0,8 % pour les ménages les moins riches et -1,7 % pour les ménages les plus riches. L'on comprendra que l'intérêt de la mise en évidence d'une croissance limitée du pouvoir d'achat des ménages consiste moins à permettre aux acteurs économiques de disposer « d'un indicateur du pouvoir d'achat qui complèterait celui de l'Insee » et à « expliquer la dégradation du climat de confiance des consommateurs », selon le BIPE, qu'à relancer le débat sur le caractère inflationniste de la loi Galland afin d'en obtenir, en bout de compte, l'abrogation. Même si Michel-Edouard Leclerc n'en est pas à son coup d'essai contre la « loi qui nous interdit de vendre encore moins cher » (slogan de l'une des affiches), mais avec la nouvelle campagne publicitaire, les Français seront au moins informés que les Centres E.Leclerc veulent être les moins chers mais que la loi les empêche d'être « encore » moins cher, etc. Apparemment, Lidl, Aldi, Leader Price, Ed, Netto, Le Mutant doivent vivre sur une autre planète.