Le commissaire européen à la santé, Markos Kyprianou, a esquissé les contours de son projet d’étiquetage du bien-être des animaux destinés à la production de denrées alimentaires, le 28 mars, à Bruxelles, en marge d’une conférence sur ce thème. Il étudie la possibilité de créer une mention standard ouverte à tous les produits qui respectent la législation communautaire et de donner la possibilité aux producteurs qui vont au-delà en matière de protection des animaux de valoriser leurs efforts par le biais de labels.
« Le bien-être animal est une demande forte des citoyens. Il faut permettre aux consommateurs de mieux choisir les produits, par un étiquetage simple et clair, et permettre aux producteurs de capitaliser sur cette demande », a plaidé le commissaire européen en charge de la santé, Markos Kyprianou, le 28 mars, au terme d’une conférence sur le bien-être animal organisée par la présidence allemande de l’UE et le Comité économique et social européen. Pour les éleveurs, les normes de bien-être animal ne sont « pas une contrainte mais une chance (…) En raison du prix des aliments pour animaux, du prix de la terre ou de l’eau, il est difficile pour l’UE d’être compétitive avec certains pays tiers, mais nous avons un avantage : la qualité. Et nous savons que les consommateurs veulent ces standards élevés », estime le commissaire chypriote.
Certification communautaire pour les labels supérieurs
Bien que le processus législatif en soit encore à un stade « préliminaire » et que M. Kyprianou ait l’intention d’avancer « étape après étape (…) sans aucune discrimination pour les produits des pays tiers », la Commission a d’ores et déjà une idée assez précise de la forme que pourrait prendre l’étiquetage du bien-être animal. Elle envisage d’instaurer un premier niveau d’information correspondant au respect par les producteurs des normes prévues par la législation communautaire. Cet étiquetage pourrait d’ailleurs ne pas se limiter aux règles de bien-être animal, mais inclure d’autres aspect liés à la qualité et aux standards élevés respectés au sein de l’UE. Lorsqu’un niveau supérieur de protection des animaux est assuré par les producteurs, la Commission souhaite favoriser le développement de labels privés reconnus par les consommateurs. Mais, souligne un expert, une certification au niveau européen doit être assurée afin de garantir le sérieux de ces signes et le bien-fondé scientifique des normes de bien-être animal mises en place par les éleveurs qui les utilisent. En tout état de cause, les producteurs seraient libres de s’engager dans une telle démarche. Bruxelles pourrait toutefois les y inciter par le biais d’aides au développement rural destinées à financer les investissements consentis dans les exploitations.
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« Systèmes privés et volontaires »
De leur côté, les organisations professionnelles agricoles (Copa et Cogeca) ne semblent pas hostiles au projet tel qu’il est décrit par M. Kyprianou bien qu’elles militent pour un label strictement limité aux produits européens. « Un étiquetage’EU origin’devrait être mis en place pour tous les produits originaires de l’UE, de manière à permettre aux consommateurs de choisir les produits qui respectent les normes élevées en vigueur en matière de bien-être des animaux », défendent-elles. « Si des normes supplémentaires (…) sont mises en place pour les animaux, ajoutent le Copa et la Cogeca, des systèmes d’étiquetage privés et volontaires seraient appropriés, nonobstant le fait que ces normes devraient également être fondées sur des données scientifiques ». Eric Cachan, le président du Label Rouge, un signe de qualité français créé par le secteur avicole, estime quant à lui que « trop de logos nationaux ou européens sur un produit peuvent créer une certaine confusion et rendre plus difficile pour les consommateurs de faire un bon choix (…) A la place d’un nouveau logo sur le bien-être animal, ne serait-il pas préférable, s’est-il interrogé, d’utiliser les signes de qualité actuels que les consommateurs européens connaisse bien tels que le Bio, les IGP ou le Label rouge ? ».