Échaudés par les difficultés de livraison après-Covid, les distributeurs de machines agricoles ont reconstitué leurs stocks, poussés en cela par les constructeurs. Des stocks qui pèsent lourd dans un contexte de prix et de taux d’intérêt élevés, a souligné le 14 décembre leur syndicat. L’enquête du Sedima auprès de ses adhérents montre des tendances « historiques », a indiqué le président Loïc Morel. En tête des préoccupations apparaissent la gestion des stocks (20 %), les prises de commandes (18 %) et la trésorerie de l’entreprise (12 %). Quelque 74 % des sondés en octobre indiquent des stocks de matériels neufs supérieurs à la normale. Leur niveau a grimpé par « effet psychologique », les concessionnaires ne souhaitant plus vivre le manque de produits post-Covid, selon lui. Mais les tractoristes dits « full liners » (large gamme) ont aussi « fortement encouragé » les réapprovisionnements, face à un ralentissement de la demande. L’enquête auprès des concessionnaires montre d’ailleurs une dégradation de la conjoncture en 2023. Après une année 2022 favorable, les prises de commande de matériel neuf sont estimées à -2 % au premier semestre, puis -6 % au second semestre.
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« Cette situation aura des conséquences pour toute la filière, a prévenu Loïc Morel. Les tractoristes vont baisser leur production, car les concessionnaires ne se feront pas avoir deux fois. » De leur côté, les agriculteurs verront les délais de livraison encore s’allonger. Les matériels d’accompagnement (non automoteurs) sont les premiers concernés : la trésorerie des distributeurs étant anormalement mobilisée sur les stocks de tracteurs et automoteurs, elle est moins disponible pour le reste. « La chaîne vertueuse pour tous, faite de remises en morte-saison sur les matériels de fenaison, semis et travail du sol, disparaîtra si la situation des stocks ne s’améliore pas. »