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Machinisme : une activité « bien orientée » au 1er semestre

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L’activité semble « bien orientée » dans la distribution de machines agricoles au 1er semestre, a indiqué le 11 juillet son syndicat, le Sedima, qui anticipe toutefois un ralentissement en deuxième partie d’année.

Sur les six premiers mois de 2019, les prévisions de croissance sont estimées entre 4,5 et 8,5 % (en glissement annuel) pour les différents services. Elles s’affichent dans une fourchette de 7,5 à 8,5 % pour les commandes de matériel neuf, contrastant avec une tendance plutôt atone au premier semestre 2018. Cette bonne orientation du chiffre d’affaires en machinisme agricole apparaît dans la plupart des secteurs d’activité, à savoir en grandes cultures, polyculture élevage, viti-viniculture. Côté immatriculations de tracteurs, le Sedima enregistre un rebond de 50 % dans l’équipement standard sur les cinq premiers mois de 2019, après deux années de fortes baisses. « Au moins la moitié » de cette hausse est liée à la mise en œuvre du règlement européen 167/2013, aussi baptisé « Mother régulation », selon le syndicat.

Des investissements « plus raisonnés à l’avenir »

Une hausse des stocks de matériels neufs et d’occasion apparaît au premier semestre 2019, de 8 à 10 % sur un an. « Ça risque de compliquer la donne dans les mois, les années à venir : avec l’agrandissement des exploitations, des investissements plus raisonnés qui orientent le choix vers du matériel neuf, il y a des débouchés qui se ferment », considère le président Pierre Prim. En parallèle, l’écart se creuse entre « des prix du neuf à la hausse et un marché de l’occasion n’ayant pas le même rythme ». Pour les prochains mois, un ralentissement de l’activité est attendu chez les distributeurs par rapport au premier semestre. L’ensemble des services est concerné, avec des perspectives de taux de croissance allant de 2 à 5 % sur la deuxième partie de l’année. Une tendance qui demeure « plutôt positive » quel que soit le secteur d’activité agricole.

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Les immatriculations de tracteurs en forte hausse

Les distributeurs regrettent une formation déficiente chez les constructeurs

Tout n’est cependant pas au beau fixe dans les entreprises de distribution de machines agricoles. Leurs plus grandes préoccupations viennent du recrutement et de la gestion du personnel, selon 41 % des sondés. Le Sedima pointe un manque de compétences sur les nouvelles technologies. Et Pierre Prim de citer le témoignage d’un concessionnaire en Europe « incapable de résoudre la moitié des pannes de ses clients agriculteurs. Ce sera bientôt pareil chez nous, si la situation ne change pas ». En cause, la qualité de l’enseignement dispensé aux techniciens dans les centres de formation existants chez les constructeurs. L’enquête de satisfaction, publiée le 11 juillet par le Sedima, établit le même diagnostic pour l’ensemble des réseaux. « Depuis plus de six ans, aucune marque ne montre d’évolution positive sur le plan de la formation, constate la secrétaire générale Anne Fradier. Le niveau de qualité ressort même en baisse. » Pourtant, les distributeurs ont fait l’effort de doubler leur contribution en faveur de la formation, dont près de 80 % servent à financer les stages constructeurs, souligne le syndicat.