Tous les prétendants à la magistrature suprême rivalisent de patriotisme pour défendre le « produit en France » et en feront un axe majeur de leur campagne. L’actuel locataire de l’Elysée n’est pas en reste, comme l’atteste son déplacement en Haute Savoie, ce mardi. Il a voulu défendre le principe du « made in France», alors que la désindustrialisation ne cesse de miner la France, avec encore 72 000 emplois perdus en 2010. Dans ce contexte, ne serait-il pas opportun de s’intéresser davantage à la préservation du tissu des industries agroalimentaires, fleuron du commerce extérieur présentes sur tout le territoire et deuxième employeur du pays avec 477 000 salariés. Ce chiffre toutefois recule, car ces entreprises sont fragiles. Aux côtés de géants mondiaux, vivent 97 % de PME, dont 73% de TPE, employant moins de 20 salariés. Le patronat juge urgent d’adopter des mesures pour alléger les charges des entreprises les plus petites dont celles-ci font partie, afin d’assurer leur survie et préserver l’emploi. Le moment est sans doute propice pour leur donner un gage indiquant clairement que les promesses électorales ne resteront pas lettre morte. Ce n’est pas parce-que la probabilité de délocalisation de ces entreprises est moindre que dans le reste de l’industrie, qu’il faut les négliger. La polémique sur les exportations de bétail sur pied qui revient sous forme de viande transformé est la pour rappeler que le risque zéro de délocalisation n’existe pas, même dans l’agroalimentaire.
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